jeudi 31 décembre 2015

Bilan livresque 2015 : les tops et les flops de l'année

Hello tout le monde,

Voici une éternité que je ne me suis pas manifestée sur mon blog. L'année 2015 est passée à une vitesse folle et sincèrement, il faudrait des journées de 48 heures afin que je parvienne à faire tout ce que je devrais ou voudrais. Le temps m'a manqué...TIC TAC, et j'aurais tellement aimé être plus présente, vous faire partager mes avis et mon ressenti sur toutes mes découvertes mais voilà, ce ne fut pas le cas. 
Aujourd'hui, je me pose, je n'y suis pour personne et je prends le temps de faire ce billet quoiqu'il arrive! 
Je vais vous présenter un récapitulatif très très succinct de mes meilleures et moins bonnes lectures. Je ne vais pas reparler des livres qui sont déjà chroniqués sur le blog, histoire de varier un peu et de vous présenter autre chose.
Ces derniers mois, je me suis beaucoup intéressée à un genre ou domaine littéraire que je ne connaissais quasiment pas. J'ai énormément lu de livres YA voir jeunesse, de livres fantasy et fantastiques et franchement, j'ai découvert un panel de lectures incroyable. Moi, qui suis plutôt littérature classique, historique, biographique, j'ai été ravie, enchantée même, de m'ouvrir à autre chose. De plus, cela m'a permis de me vider la tête en laissant juste mon esprit vagabonder au milieu ces univers fertiles.
Je ne peux malheureusement pas tout vous exposer dans ce billet car ce serait beaucoup trop long.
Je vais tenter de faire au mieux, et surtout de faire fonctionner ma mémoire car, organisée comme je peux l'être, je n'ai rien noté... D'ailleurs, voici une bonne résolution pour 2016, répertorier tout ça.

Commençons par les lectures disons, décevantes, que je n'ai vraiment pas aimées ou qui ont été plutôt médiocres:




 NIGHT SCHOOL





 Pentalogie dont je n'ai lu que les quatre premiers tomes. L'histoire n'est pas réellement mauvaise en soi. Il y a de l'action, du mystère, des complots, des rebondissements mais, mis à part quelques incohérences, que j'ai trouvé le tout assez plat, ce qui a vraiment mais alors vraiment tout gâché c'est cet insupportable triangle amoureux. En plus, l'héroïne, Allie si mes souvenirs sont bons, n'est, à mon sens, qu'une peste capricieuse et écervelée. Vous l'aurez compris, cette lecture n'était pas faite pour moi et les cinq tomes ne sont absolument pas justifiés. J'ai légué ma collection à ma filleule qui, je l'espère, les appréciera bien mieux et y trouvera ce qui a fait le succès de cette série.



THE PINK TEA TIME CLUB





Petite nouvelle fantastique sur un fond steampunk, rien ne m'a captivé dans ces pages. Je n'ai pas été sensible à l'humour ni à la légèreté apportés volontairement à l'histoire. J'ai même trouvé cela niai et je suis complètement passée à côté de ce que l'auteur à voulu apporter à son ouvrage. D'ailleurs, je ne garde quasi aucun souvenir de ma lecture :-(.







L'AFFAIRE JANE EYRE





J'ai lamentablement abandonné ce livre. J'ai trouvé ça long, tarabiscoté, je ne comprenais rien à ce que je lisais et je ne voyais pas du tout où cela allait nous mener...j'ai préféré ne pas persévérer.








FANGIRL





Une lecture pas vraiment mauvaise mais qui n'a rien d'extraordinaire. Ce qui m'a vraiment déplu c'est la fan fiction présente en parallèle à l'histoire principale. Très bonne idée à la base, mais je n'ai pas du tout accroché.








LA BIBLIOTHEQUE DES CŒURS CABOSSES




Avec ce livre, je me disais "oh, chouette, voici un livre que je vais adorer. Un livre qui parle de livres. Amour. Bonheur !"...Eh bien non. Le vavavum était aux abonnés absents...C'est un livre qui se résume à une romance longue et ennuyeuse dans laquelle chaque événement, chaque personnage sont prévisibles à des kilomètres.  






Aller, maintenant, passons aux lectures que j'ai le plus appréciées ou qui ont même été des coups de cœur:


NEACHRONICAL




Là, mes amis, ce fut un énorme coup de cœur ! Je crois d'ailleurs, le premier de mon année 2015. L'intrigue est dingue et elle nous tient en haleine au fil des tomes. Chaque opus ne ressemble aucunement au précédent. Nous sommes menés de surprise en surprise, l'histoire part dans tous les sens mais tout en restant cohérente. C'est glauque, lugubre, ça nous secoue mais fichtre, qu'est-ce que c'était bon !


LES CHRONIQUES LUNAIRES




Série en cours, présentement seuls les trois premiers tomes, un opus compagnon ainsi que deux petites nouvelles sorties en numériques, sont parus en français. Chaque volume est une réécriture de contes qui au fur et à mesure s'imbriquent les unes dans les autres. C'est extrêmement bien pensé, bien construit, original. J'ai tout simplement adoré et j'ai hâte de me replonger dans cet univers  passionnant.


SMOG OF GERMANIA





Pour le moment, de tout ce que j'ai pu lire en steampunk, Smog of Germania est ce que j'ai découvert de mieux. L'histoire est brutale, inquiétante, intrigante et, là encore, assez glauque. Mon immersion fut totale grâce à la plume exquise de Marianne Sterne.






LA PASSE-MIROIR




La série est toujours en cours d'écriture. Ce petit bijou ne ressemble qu'à lui-même. Les héros, plutôt les anti-héros nous font partager leurs aventures dans un univers absolument unique, très bien construit. Les personnages sont complexes, machiavéliques, détestables parfois mais ô combien attachants. L'écriture est recherchée, riche. J'en redemande !



LES OUTREPASSEURS




Une trilogie fantastique de grande qualité sous la plume grandiose de Cindy Van Wilder. Travaillée en profondeur, la mythologie est complexe comme le sont les personnages. Personne n'est foncièrement bon ni mauvais. Chacun se bat pour ce qu'il croit et cette pépite mérite de nombreux éloges.



LA COULEUR DES SENTIMENTS




J'ai eu une grosse claque en lisant ce livre qui nous parle de ségrégation aux Etats-Unis au début des années 60 et plus particulièrement de la condition des bonnes noires au service des familles blanches. Ce roman est un condensé de pleurs, de rire, de colère, de frustration et de victoire. Je reste marquée par cette histoire. 






Je pourrais vous présenter encore beaucoup d'autres livres qui ont fait de mon année 2015 une année riche et passionnante en matière de lecture. Et vous, quels sont les ouvrages qui vous ont le plus marqués positivement comme négativement ? Pour ma part, j'espère que 2016 m'apportera autant voir plus de belles surprises littéraires.

Sur ce, je vous présente tous mes meilleurs vœux pour la nouvelle année. Que 2016 vous apporte beaucoup de moments de joie, de bonheur et d'amour. BONNE ANNEEEEEEEEE !


vendredi 2 octobre 2015

Tous nos jours parfaits

Auteur: Jennifer Niven
Titre VO: All the Bright Places
Traduction: Vanessa Rubio-Barreau
Éditions: Gallimard jeunesse
Collection: Grand format littérature
Parution: 17 septembre 2015
Pages: 384 pages 

Quatrième de couverture:

Post-it 1: Je voudrais te poser une question. Crois-tu que ça existe, un jour parfait?
Post-it 2: J'envoie un message à Violet: "Tu es toutes les couleurs en une, à leur maximum d'éclat."
Post-it 3: T'es vraiment bizarre, Finch. Mais c'est le truc le plus mignon qu'on m'ait jamais dit.





Mon avis:


J'ai failli vous conseiller juste d'aller lire ce livre car je ne sais pas trop quoi vous dire d'autre. Cette chronique est celle que j'ai eue le plus de mal à écrire jusqu'à présent, tellement je suis bouleversée par cet ouvrage, tellement il a laissé une marque profonde en moi.

Ce récit est un ouragan d'émotions qui ne peut pas vous laisser indifférents. Il parle d'un sujet très difficile mais avec une telle poésie, une telle puissance que vous vous retrouvez saisis dès les premières lignes. Pour certains, il va parler à votre place, pour d'autres, il va permettre d'essayer de comprendre ce qu'il est impossible de savoir si vous n'êtes pas, d'une manière ou d'une autre, dans un état d'esprit similaire. 
J'étais à mille lieues de me douter que j'allais me prendre une telle claque en me plongeant dans cette histoire.

Cette histoire magnifique est écrite d'une manière magnifique. Cette histoire est triste. Cette histoire parle d'amour, d'un amour pur, gratuit. Cette histoire parle d'âmes brisées, d'êtres pris dans les affres du désespoir vers lesquels l'entourage et la vie peuvent nous plonger. Cette histoire est le reflet de ce que les afflictions conduisent à faire.

C'est le sacrifice par amour le plus pur. C'est l'aide d'un être qui va sauver la personne qu'il aime au détriment de sa fin à lui car, dans tous les cas, il se sait perdu et n'attend qu'une chose, la Libération finale. C'est la douleur qu'engendre le jugement permanent, c'est la destruction par les autres à vouloir vous façonner à leur image, à vous coller une étiquette. Ce sont les voiles que nous nous mettons devant les yeux afin de ne pas voir, par pur égocentrisme, ce qui est évident.

Regardons autour de nous, laissons en paix ceux qui ne nous ont rien demandé, arrêtons de juger alors que nous ne sommes pas un exemple de perfection. Arrêtons de profiter de la fragilité des autres afin de combler nos propres frustrations.

Je n'arrive pas à en dire plus. Tous nos jours parfaits va au-delà du coup de cœur. Lisez-le !...

samedi 26 septembre 2015

L'infini + un

Auteur: Amy Harmon
Titre VO: Infinity + one
Traduction: Fabienne Vidallet
Edition: Robert Laffont
Collection: R
Parution: 16 septembre 2015
Pages: 430 pages

Quatrième de couverture:

Bonnie Rae Shelby, superstar mondiale, a tout pour elle: l'argent, la beauté, la gloire et...l'envie d'en finir avec la vie.
Finn Clyde, lui, n'est rien et ne possède rien, à part son intelligence et son cynisme à toute épreuve. La seule chose qu'il demande: qu'on lui donne enfin sa chance.
Une main tendue et quelques coïncidences plus loin, et les voilà engagés dans un périple qui pourrait les transformer aussi bien que les anéantir.



Mon avis:

A la fin du dernier concert de sa tournée, Bonnie, chanteuse Country à succès, s'enfuit et se retrouve sur le garde-fou d'un pont à Boston prête à sauter. Un jeune homme, devinant ses intentions, s'arrête et tente de la raisonner. Afin d'échapper à son quotidien et à ses souffrances, la jeune chanteuse prend la route accompagnée de son sauveur et ils entament un road trip à travers tous les Etats-Unis.

Ce livre est, pour moi, une catastrophe. Rien n'est crédible du début à la fin.

Le personnage de Bonnie est tout simplement insupportable et idiot. Cette fille est capricieuse, elle ne réfléchit à rien. On a l'impression qu'elle fait exprès de se mettre dans des situations impossibles et ça ne la dérange absolument pas, bien au contraire, cela l'amuse même, de mettre en danger son entourage.

Finn quant à lui, n'est pas mieux loti. Bonnie l'agace au plus haut point mais il en redemande. Il n'a aucune personnalité, il obéit au doigt et à l’œil, il a passé sa vie à se faire écraser par les autres et il faut croire qu'il aime ça. A part se plaindre et râler il ne fait pas grand chose d'autre. Il se laisse faire pour tout, ne cherche jamais à se défendre.  Il a conscience des risques encourus et des répercutions de leurs actes mais c'est pas grave, continuons comme ça, de toute façon il n'y a pas d'autres solutions...WTF??!!

Leur situation n'est pas crédible. Ils tombent fou amoureux l'un de l'autre au bout de deux jours, alors qu'elle a peur de lui et que Finn n'attend qu'une chose, c'est de pouvoir se débarrasser de Bonnie afin de continuer sa route tout seul et de ne pas risquer de retourner en prison. Les coïncidences de leur vie ne sont pas crédibles, leurs émois ne m'ont absolument pas touchée car ils ont été mal exploités et mal retranscrits.

D'accord, ils sont jeunes et insouciants, mais la jeunesse n'est pas synonyme de stupidité, je suis désolée.

La tournure des événements n'est pas crédible. La grand mère de Bonnie, n'est pas crédible, bref, rien n'est crédible. 

Les seules choses que j'ai appréciées dans ce livre, ce sont les références à Bonnie and Clyde, les vrais hein, soyons clairs.

Voilà, malheureusement, je n'ai pas grand chose à dire de plus sur cette lecture qui ne m'a absolument pas transportée, et dont j'ai trouvé l'écriture fade et sans intérêt. 

Carnaval

Auteur: Ray Celestin
Titre VO: The Axeman's Jazz
Traduction: Jean Szlamowicz
Edition: Le Cherche Midi
Collection: Thriller
Parution: 14 mai 2015
Pages: 492 pages


Quatrième de couverture: 

Au coeur du Sud profond, La Nouvelle-Orléans, construite sur des marécages en dessous du niveau de la mer, a toujours été aux prises avec tornades, inondations et épidémies de toutes sortes. La nature du sol en fait une cité qui s'affaisse, où les morts ne peuvent être enterrés. Alligators, serpents, araignée hantent ses marais. Nombre de menaces ont toujours plané au-dessus de la ville. Et pourtant...
Lorsqu'en 1919 un tueur en série s'attaque à ses habitants en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le Vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l'agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D'Andrea, vont tenter de résoudre l'affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets...Alors qu'un ouragan s'approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continu à sévir. Le chaos est proche.

Mon avis:

Est-ce que l'année 1888 vous dit quelque chose? Non?! Whitechapel alors? Ah, ça y est, vous commencez à situer. Oui, un des plus célèbres tueurs en série de tout les temps, je parle bien évidemment de Jack l'Éventreur. Jack the Ripper éventra, éviscéra de façon tout à fait démoniaque cinq prostitués, entre le mois d'août 1888 et le mois de novembre de la même année.

Alors maintenant, vous vous transportez outre-Atlantique pour arriver à la Nouvelle-Orléans, trente ans plus tard. Vous visualisez? Alors, pour une fois, je vous demande de remonter un peu et de vous pencher sur la quatrième de couverture, qui est très explicite. Oui, je sais, je suis un peu fainéante aujourd'hui mais j'assume ;-). Là, vous allez me dire "mais quel est le lien avec Jack l’Éventreur?" à vrai dire...aucun, mise à part qu'ils ont tous deux terrorisés des populations entières. Ils continuent, encore aujourd'hui, à titiller l'imaginaire populaire et à déchaîner les passions quant à découvrir, enfin, qui pourrait se cacher derrière le masque de ces monstres.
Au moins huit meurtres sont attribués au Tueur à la Hache, également appelé The Axeman's Jazz (une chanson lui à même été consacrée), entre 1918 et 1919. Selon une lettre qu'il a directement adressée à un journal local, il prétendait d'épargner quiconque écoutait du jazz. Il signait ses crimes en laissant près de ses victimes une carte de tarot.

Il y a beaucoup de choses que j'ai appréciées dans cette histoire.

Déjà, l'auteur se base sur un véritable fait divers. Cela procure la sensation que le fantôme du psychopathe, sur lequel l'histoire est basée, vient encore hanter nos cauchemars.

Le lieu. L'ambiance particulière qui se dégage de la Nouvelle-Orléans est, selon l'image que je m'en fais, unique en son genre, remplie de musique, de mélange ethnique, de mystère et de magie. Ici, les descriptions de la ville sont extraordinaires, jusqu'aux odeurs que l'on arrive à sentir à travers les pages.

Le rythme de l'histoire. Bien cadencé, les chapitres sont courts ce qui nous permet de suivre la progression de chacun des protagonistes les uns après les autres ou en parallèle.

La narration. Elle se veut quasi scénaristique. J'eus l'impression de suivre un film plutôt qu'un livre.
Certaines scènes vraiment peu ragoûtantes, genre vous avez l'estomac légèrement retourné, vous apparaissent devant les yeux comme si vous y étiez. Bon après, ça va hein, ce n'est pas non plus la boucherie permanente, cela reste assez raisonnable.
J'ai effectué quelques petites recherches pour me renseigner sur l'auteur et j'ai découvert que Ray Celestin est scénariste, alors forcément ceci explique cela.

Les personnages. Ils ne sont pas caricaturés, ils sont bien pensés, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs forces et leurs faiblesses, leur détermination, leurs craintes et leurs certitudes.

L'intrigue. Elle prend son temps, elle évolue en rythme suffisant pour nous permettre de bien appréhender les protagonistes et de nous impliquer nous-même dans cette investigation. Je l'ai trouvée en rythme avec son époque. L'originalité du livre tient aussi du fait que l'enquête n'évolue pas selon un seul schéma, mais selon trois. En plus de vouloir découvrir le fin mot de l'histoire, nous avons envie de savoir qui va parvenir à résoudre cette affaire.

La petite note fantaisiste de Ray Celestin. Il a fait de Louis Armstrong un des principaux protagonistes et je ne sais pas, cela a fait flotter un petit air de jazz omniprésent et bien plaisant tout au long de l'histoire.

Carnaval ne se contente pas d'être un thriller prenant, c'est un thriller historique qui nous permet de nous fondre dans la Nouvelle-Orléans des années 20', de découvrir les problèmes de ségrégation raciale, de l'impacte de certaines croyances et des craintes qu'elles peuvent susciter à cause de leur mauvaise connaissance, de la rivalité ethnique, de racisme, d'intolérance, de l'emprise de la mafia ainsi que les guerres de pouvoirs et de manipulations qu'elle engendre.

Ce livre original m'a fait passé un très bon moment de lecture et de détente.

jeudi 17 septembre 2015

Là où tombent les anges

Auteur: Charlotte Bousquet
Édition: Gulf Stream
Collection: Electrogène
Parution: 3 septembre 2015
Pages: 395 pages


Quatrième de couverture:

Solange, dix-sept ans, court les bals parisiens en compagnie de Clémence et Lili. Naïve, la tête pleine de rêves, elle se laisse séduire par Robert Maximilien et accepte de l'épouser. Mais son prince est un tyran jaloux, qui ne la sort que pour l'exhiber lors des dîners mondains. Coincée entre Robert et Emma, sa vieille tante aigrie, Solange étouffe à petit feu. Quand la Première Guerre Mondiale éclate, Robert est envoyé au front. C'est l'occasion pour Solange de s'affranchir de la domination de son mari et de commencer enfin à vivre, dans une ville où les femmes s'organisent peu à peu sans les hommes... 



Mon avis: 

L'histoire débute en 1912 à Auvers-sur-Oise. Auvers-sur-Oise, petite commune du Val d'Oise qui a accueilli et inspiré des grands noms de la peinture impressionniste comme Cézanne, Pissarro ou le torturé Van Gogh.

Nous faisons la connaissance de Solange, une jeune femme de 17 ans.
Maltraitée, battue par un père alcoolique et tyrannique, elle décide de s'enfuir à Paris pour rejoindre son amie de toujours, Lili, afin de commencer une nouvelle vie emplie d'indépendance et de liberté. Solange est réservée, discrète, posée, aux antipodes de son amie qui mène une existence épicurienne faite de musique, de danse, de flirts et de tout ce que la vie peut apporter de léger, d'extravagant et d'instable. Lili, dont le charme n'est plus à démontrer, rêve de devenir une grande comédienne et de laisser son emprunte à l'image de l'immense Sarah Bernhardt.
Afin de subvenir à ses besoins, Solange se tue à la tâche comme couturière et découvre les frasques des plaisirs nocturnes parisiens. Plutôt introvertie, elle se laisse séduire par Robert Maximilien. Son cœur ne lui est pas ouvert mais sa raison lui dicte de se fier à la stabilité ainsi qu'à la sécurité matérielle qu'il peut lui apporter. En l'épousant, elle s'élève sur l'échelle sociale mais plonge derechef sous le joug d'un homme peu affable, autoritaire, qui la traite plus en tant qu'objet qu'en tant que femme. Elle se voit contrainte de s'occuper de tante Emma, vieille dame acariâtre qui lui donne du fil à retordre. La jalousie exacerbée de son mari la pousse à s'isoler de ses amies les plus proches.

La Première Guerre Mondiale éclate. Tous les hommes sont mobilisés et envoyer dans l'enfer des tranchées. Robert n'en est pas exempté.

Alors que les hommes sont sacrifiés, les femmes, souvent oubliées, s'organisent. Solange reprend contact avec ses amies qui, chacune de son côté, évoluent différemment face à l'horreur de la guerre.

La condition des femmes de cette époque nous est gravement envoyée à la figure. J'eus le cœur serré de voir à quel point elles furent exploitées, non considérées. J'éprouvai un sentiment de fierté en constatant la force, le courage et la grande solidarité dont elles ont fait preuve pour vivre, pour survivre. Grâce à elles, l'émancipation a pu se mettre en marche. Sur exemple des suffragettes anglaises, c'est tout un schéma qui va commencer à se déstructurer, à voler en éclat pour tendre vers le long chemin de l'égalité. Au lieu de s'effondrer, nous voyons nos héroïnes prendre de l'essor, de l'assurance, se dévoiler, se trouver, s'affirmer. La propagande patriotique est dénoncée, certains travers gouvernementaux montrés du doigt, sans omettre l'état terrible des soldats sur le terrain.

Une des figures qui m'a le plus marquée est celle de tante Emma qui, petit à petit, laisse tomber ses barrières face à Solange. Elle la prend sous son aile, l'éduque, la cultive, l'élève et la protège comme elle peut. Paradoxalement, elle s'appuie entièrement sur sa protégée. La confiance ainsi que la complicité entre ces deux êtres grandit, sans limites. Je fus émue de voir ses craintes resurgir face aux réminiscences des affres de la guerre franco-prussienne de 1870, de la voir s'interposer entre Solange et son neveu, de ne pas hésiter à lui rappeler que sans elle, il ne serait rien. Tante Emma a un charisme extraordinaire et il est impossible de ne pas s'attacher à elle.

Charlotte Bousquet nous délecte, en plus d'un récit vraiment captivant, de références littéraires absolument exquises. Entre les nombreuses citations de Colette, son clin d’œil à Marcel Proust, qu'elle met en scène au détour rapide de réceptions mondaines, m'a amusée.

Il m'a été très difficile d'écrire cette chronique tellement ce livre m'a touchée. Cela fait plus de quinze jours que je l'ai terminé et il me hante encore. Je ne savais pas comment organiser, ni comment exprimer mes idées. Même maintenant, je ne suis pas convaincue de ce que je vous écris tellement j'aurais de choses à dire et tellement je ne trouve pas les bons mots pour le faire. En lisant cette histoire, j'ai ressenti certaines émotions et certains sentiments bouleversants qui m'avaient déjà envahi lors de la découverte d'une exposition consacrée à l'année 1917, il y a quelques années de cela.

Cet ouvrage est une véritable pépite aussi bien dans le fond que dans la forme. Très bien documenté, mêlant avec dextérité narration, récit épistolaire et journal intime, l'auteur nous plonge dans ces destins croisés, dans ces destins enchevêtrés, avec une telle force que la fiction en devient réalité.
Qu' il a dû être difficile de rédiger ce texte sans tomber dans les clichés, de se mettre à la place de ces figures féminines tellement fragiles et tellement fortes à la fois.
Là où tombent les anges est un magnifique roman historique qui témoigne de l'enfer du devoir et qui nous initie également à un pan de l'histoire trop méconnu à mon sens; celui des ces femmes sans qui rien n'aurait été possible, sans qui l'armée n'aurait rien pu faire, sans qui nous n'en serions pas là aujourd'hui. Cet ouvrage est facile d'accès; classé Young Adult, à cause de l'âge des principaux protagonistes je suppose, il aurait toute sa place dans la littérature adulte afin de toucher un plus large public (attention, il n'y a rien de péjoratif dans mes propos car il y a vraiment de très très bonnes choses en YA, la preuve!). Alors, je vous le dis, ce livre doit être lu, relu et par le plus grand nombre d'entre nous.

vendredi 11 septembre 2015

Le Maître des Illusions - Coup de gueule !

Auteur: Donna Tartt
Titre VO: The Secret History
Traduction: Pierre Alien
Édition: Pocket
Collection: Pocket - Édition de luxe
Parution: 6 novembre 2014
Pages: 792 pages
Prix: 9.10 Euros

Quatrième de couverture:

Les choses terribles et sanglantes sont parfois les plus belles...

Mon avis:

Chronique un peu particulière et assez brève car je ne vais pas donner mon avis sur l'histoire de cet ouvrage mais plutôt exprimer ma colère envers la maison d'édition. Je ne comprends pas que des éditeurs comme Pocket, puissent publier des récits dans cet état. Oui, ce livre est bourré de coquilles, de fautes mais surtout de fautes de français!

Je suis loin d'être une star de l'orthographe et de la grammaire mais là c'est abusé! Des coquilles, nous en retrouvons dans quasiment tous les livres. Malheureusement, ce sont des choses qui arrivent mais des fautes de français, au point que certaines phrases n'ont plus aucun sens, c'est inadmissible! Cela m'a tellement soulé que j'ai arrêté ma lecture au bout de 344 pages. Alors, je ne sais pas si c'est relatif à un problème de traduction ou de relecture mais, dans tous les cas, je ne comprends pas. Pocket est une immense entreprise qui a largement les moyens de faire le nécessaire afin que ce genre de choses ne se produise pas, surtout que, dans le cas de cette œuvre, publiée pour la première fois en français il y a 22 ans, les corrections avaient largement le temps d'être faites et refaites.

L'intrigue semble excellente, j'étais plongée dans ce récit mystérieux, machiavélique, riche en références philosophiques, historiques, sociologiques et culturelles mais la répétition des erreurs et des non sens ont tout gâché. Donna Tartt a été récompensée par le prix Pulitzer en 2014 pour son roman Le Chardonnet. De ce fait, j'avais la certitude de me lancer dans une lecture de grande qualité. C'est loupé. Ramasse tes dents et rentre chez toi!

C'est dans ces cas là que je suis plus que frustrée de ne pas maîtriser assez bien l'anglais pour me lancer dans ce type de lecture en version originale.

Alors, s'il vous plait, les maisons d'édition, faites ce qu'il faut pour que les récits que vous proposez soient les plus irréprochables possible dans la forme. merci.

L'Appel du Coucou


Auteur: Robert Galbraith
Titre VO: The Cuckoo's Calling
Traduction: 
Édition: Le Livre de Poche
Collection: Policier / Thriller
Parution: 15 octobre 2014
Pages: 696 pages
Prix: 8.30 Euros

Quatrième de couverture:

Lorsque le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée, dans un quartier chic londonien, l'affaire est vite classée. Suicide. Jusqu'au jour où John Bristow, le frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike. Cet ex-lieutenant de l'armée, revenu d'Afghanistan amputé d'une jambe, est au bout du rouleau: sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée, un naufrage. Aidé par une jeune intérimaire finaude, virtuose de l'Internet, il reprend l'enquête. De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock stars, Strike va passer de l'autre côté du miroir glamour de la mode et du people pour plonger dans un gouffre de secrets, de trahisons, de manœuvres inspirées par la vengeance.

Mon avis:

Troisième tentative, troisième style littéraire différent et cette fois c'est officiel, Madame Rowling je vous aime. Oui, je vous aime d'amour...tout du moins, vos récits! Je pense ne rien vous apprendre en vous disant que l'auteur qui se cache derrière le pseudonyme de Robert Galbraith  est en fait la Grande, l'Immense J.K. Rowling.

Vous aimez les bonnes intrigues à l'anglaise ? Vous aimez les enquêteurs charismatiques, marginaux et singuliers ? Vous aimez les duos à la Sherlock et Watson ? Je crois que ce roman est fait pour vous.

Fils irlandais illégitime d'une rock-star, ancien lieutenant de la police militaire britannique, Cormoran Strike est marqué par les stigmates de la guerre. Reconverti en détective privé, sa vie professionnelle est au point mort tout autant que sa vie privée qui part à vau-l'eau. La banqueroute le guette, ses créanciers commencent à s'impatienter, le gouffre s'agrandit.
Un matin, une jeune intérimaire, Robin, frappe à sa porte alors qu'il ne l'attendait pas. Un client également. Enfin! John Landry, avocat de son état, missionne notre détective pour enquêter sur le décès de sa sœur, mannequin vedette international, morte par suicide selon l'enquête officielle quatre mois plus tôt.
Cormoran s'attèle à la tâche avec une détermination sans borne afin d'éclaircir cette affaire.

Que vous dire de ce roman ? C'est du très très bon. Je pense que vous l'aurez compris (si si, c'est indiqué un peu plus haut à droite).

Déjà, j'ai adoré la personnalité de notre détective. Introverti, pudique, cérébral, entier, il est le genre de personne qui vous met à nu par son simple sens de l'observation et de déduction. Il n'est pas du style à se dévoiler. Il y a juste un moment où, ayant un peu trop abusé de l'alcool, il devient un peu plus loquace concernant sa vie privée. Et franchement, ce passage, je l'ai trouvé extraordinaire. C'était touchant, émouvant et drôle. J'étais pleine d'émotions de voir cette armoire à glace, que l'on s'imagine imperturbable, être en souffrance et laisser ses émois sortir malgré lui.

Avec Robin, ils forment un duo parfait. Une équipe totalement en osmose. Ils sont tellement complémentaires que la communication se fait à demi-mot. Robin est l'assistante que tout patron rêverait d'avoir et sincèrement, petit aparté, je devrais prendre exemple sur elle professionnellement  parlant ;-). Bref, bref, bref, revenons à nos moutons, je m'égare.

J'arpentais la cité de Londres au travers des pages. Je m'imbibais de son atmosphère si particulière que j'aime tant. Je marchais dans chaque rue, je traversais chaque quartier comme si j'y étais. Je m'imprégnais du moindre détail, je me délectais de toutes les descriptions. Mon petit cœur n'arrêtait pas de battre et je ressentais les papillons dans mon ventre à chaque pas posé dans cette capitale absolument unique.

Par contre, l'envers du décors du monde dans lequel nous sommes ici plongés, empli de strasses et de paillettes, nous est joliment jeté à la figure. Alors, pour tous ceux qui croient encore en cette belle utopie, je vous laisse déguster sans modération toute l'hypocrisie, les manipulations, les jalousies, les destructions corporelles et spirituelles qu'engendre cet univers qui, personnellement, me donne des hauts le cœur. Les beaux quartiers renferment parfois les pires esprits.

L'enquête est finement menée, tout protagoniste nous paraît suspect, notre esprit se retrouve par moment bien embrouillé. De mon côté, je pars toujours du principe que le coupable est celui que l'on soupçonne le moins, alors au bout d'un moment j'ai eu une petite idée sur ce qui a pu se produire, puis je ne fus plus sûre de rien.

Je ne vous reparle pas de l'écriture parfaite de l'auteur au risque de paraître un peu trop instante sur le sujet...

Les férus de ce genre littéraire vous diront peut être le contraire, mais si vous êtes comme moi, que vous aimez vous lancer dans un polar avec parcimonie, je ne peux que vous conseiller L'appel du Coucou. Ce livre reprend les bases classiques du genre. C'est un vrai délice de se lancer dans cette enquête bien pensée, qui vous tient en haleine jusqu'au bout et qui ne se contente pas de suivre son fil conducteur mais creuse également une belle psychologie des personnages. Un roman policier so British comme je les affectionne !

samedi 29 août 2015

Le Passage du Diable

Auteur: Anne Fine
Titre VO: The Devil Walks
Traduction: Dominique Kugler
Édition: L'école des Loisirs
Collection: Médium poche
Parution: 8 avril 2015
Pages: 220 pages
Prix: 7.80 Euros

Quatrième de couverture:

Depuis son plus jeune âge, Daniel Cunningham a vécu enfermé, avec pour seule compagnie les livres et sa mère - qui l'a gardé reclus, à l'écart du monde extérieur, et qui n'a cessé de lui répéter qu'il était malade. Un jour, des coups frappés à la porte vont tout changer.
Des voisins ont découvert son existence, et résolu de libérer Daniel de l'emprise de sa mère. Pris en charge par le docteur Marlow et sa famille, il va découvrir peu à peu que tout ce qu'il tenait pour vrai jusque-là n'était qu'un tissu d'histoires racontées pour le protéger. Mais le protéger de Quoi ?
De sa vie d'avant Daniel n'y gardé qu'une maison de poupée. Et pas n'importe quelle maison de poupée: c'est la réplique exacte de la maison natale de sa mère, une maison qui recèle de nombreux et sombres secrets. Jusqu'à quels vertiges ces secrets conduiront-ils Daniel ?

Mon avis:

Voilà un livre qui a attisé ma curiosité de par son titre et sa couverture sombre et énigmatique. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas intéressée à ce genre de littérature, alors je me suis dit, pourquoi pas.
Je vous invite à m'accompagner dans l'atmosphère mystérieuse du Passage du Diable.

L'ambiance qui se dégage du livre est assez pesante dès les premières pages. Daniel Cunningham relate un épisode de sa vie pour le moins marquant. Alors qu'il a toujours vécu claustré entre les murs de sa maison avec pour seule compagnie sa mère, des livres et une magnifique maison de poupée, il est un jour libéré par le médecin du village suite à la découverte de son existence par une voisine un peu trop curieuse. Séparé de sa mère, internée en hôpital psychiatrique, Daniel est pris en charge par la famille du docteur Marlow. Il apprend à reprendre possession de son corps et se socialise sans trop de difficultés. Au cours de ses nombreuses séances de jeux avec sa maison de poupée, en compagnie de Sophie, benjamine de sa famille d'accueil, d'étranges évènements commencent à se produire.

Suite à de nombreuses recherches qui s'avèrent fructueuses, Daniel part rejoindre son oncle, demi-frère de sa mère. À son arrivée, pour le moins incongrue, il reste interdit devant cette demeure, réalisant que la maison de poupée en est la réplique exacte, jusque dans les moindre détails. Durant son séjour, de sombres secrets de famille se dévoilent, certaines vérités ressortent et la tension devient de plus en plus oppressante.
Qui est réellement cet oncle étrange et sinistre ? Que renferme vraiment le passé dramatique de cette famille ? Quels troublants secrets sa défunte mère a emporté avec elle dans la tombe ? Que va t-il advenir de Daniel ?

Ce roman m'a fait penser aux romans gothiques et aux romans noirs des XVIII ème et XIX ème siècles.
Aucun indice temporel ne nous est communiqué. C'est grâce à certains détails et certaines déductions que j'ai pu replacer l'histoire dans son contexte, à savoir selon moi, au XIX ème siècle.
Daniel n'est, en mon sens, pas assez crédible. J'eus l'impression que sa situation lui semblait plutôt normale, alors qu'il a passé toute sa vie enfermé, reclus de la société, se croyant malade. Il ne paraît presque pas perturbé d'être séparé de sa mère, juste légèrement inquiet de temps en temps, ni même traumatisé en découvrant la vérité.
Par contre, nous ressentons bien le caractère machiavélique et démoniaque de l'oncle de Daniel; tellement bien que son attitude et ses intentions en deviennent prévisibles.
J'ai beaucoup aimé le personnage de Sophie, jeune fille pleine de vie, un peu trop loquace, un peu coquine mais avec un grand cœur.

C'est le gros reproche que je peux faire à ce livre. D'une manière générale, l'auteur reste trop en surface, ne travaille pas assez ses personnages, ne maîtrise pas entièrement leurs émotions. Ce qui est vraiment dommage car le suspens et l'horreur sont bien là. Par contre l'écriture est fluide et immersive. J'arrivais à visualiser entièrement ma lecture, les lieux, l'atmosphère, les protagonistes.
Je n'ose pas trop creuser mon ressenti de peur de vous en dévoiler un peu trop. En fait, je fus tiraillée entre des passages vraiment prenants et d'autres complètement superflus. L'histoire n'est pas tout à fait aboutie.

Je ne peux pas dire que c'est un mauvais livre car ce ne serait pas justifié. Je pense que c'est un très bon livre introductif au roman noir, au roman d'horreur et à la littérature fantastique. Le problème c'est que je ne fais pas partie du lectorat visé, étant légèrement trop âgée. Je pense qu'il offrira une bonne dose de suspens, d'angoisse et de frissons aux jeunes lecteurs avant qu'ils puissent se lancer dans des œuvres comme Le Tour d’Écrou d'Henry James (que je conseille à 100% si vous aimez les histoires de fantômes), Le Moine de Matthew Lewis, la bibliographie d'Ann Radcliffe, pionnière du roman gothique et bien d'autres encore.

samedi 22 août 2015

Calpurnia

Auteur: Jacqueline Kelly
Titre VO: The Evolution of Calpurnia Tate
Traduction: Diane Ménard
Édition: L'école des loisirs
Collection: Médium poche
Parution: 4 mars 2015
Pages: 495 pages
Prix: 8.80 Euros


Quatrième de couverture:

Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l'été, elle s'interroge sur le comportement des animaux autour d'elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums. Aidée de son grand-père, un naturaliste fantasque et imprévisible, elle note dans son carnet d'observation tout ce qu'elle voit et se pose mille questions. Pourquoi, par exemple, les chiens ont-ils des sourcils? Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes? On est dans le comté de Caldwell, aux Texas, en 1899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes quant à ses découvertes, elle affirme sa personnalité au milieu de ses six frères et se conforte aux difficultés d'être une jeune fille à l'aube du XXème siècle. Apprendre la cuisine, la couture et les bonnes manières, comme il se doit, ou se laisser porter par sa curiosité insatiable? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté?


Mon avis:

Comment vous dire à quel point ce roman m'a fait vibrer? Comment trouver les bons mots pour vous exprimer toute la beauté et la richesse que renferment ces pages? Ce livre est un vrai petit bijou et mon cœur s'emballe encore rien que d'y penser.
C'est le genre d'histoire qui vous enveloppe de douceur, qui vous transporte à mille lieux de votre quotidien. Elle fait partie de ces récits que vous souhaiteriez ne jamais voir se terminer.

Calpurnia Virginia Tate est l'unique figure féminine d'une fratrie de 7 enfants. Elle a 11 ans et vit avec sa famille, cultivatrice de coton et de Pacaniers au Texas.
L'été 1899 est particulièrement caniculaire. Callie observe la vie qui grouille autour d'elle; les insectes, les animaux, la nature. Elle commence à s'interroger sur les différences entre les espèces, sur leurs particularités, sur l'évolution de la vie...Personne ne peux l'aider à répondre à certains de ses questionnements. Si, pardon, une personne, mais tellement mystérieuse, intimidante, fantasque et singulière! Son grand-père. Prenant son courage à deux mains, elle décide d'affronter ses craintes et d'approcher cet homme bourru qui,  malgré le fait de partager son quotidien, lui est totalement inconnu.
A partir de ce moment, la vie de notre petite héroïne va être complètement bouleversée. 

En parallèle, l'évolution du monde est en marche. L'entrée dans un nouveau siècle se prépare. C'est l'époque où le chemin de fer étend son immense toile jusque dans les coins les plus reculés, où l'automobile devient un objet de convoitise, où le téléphone révolutionne la communication, où le Coca-Cola commence à entreprendre sa conquête des territoires.
Prise entre un monde imprégné de traditions et un monde qui tend vers la modernité, Calpurnia désire plus que tout devenir naturaliste. Malheureusement, elle se voit contrainte à être destinée à se parfaire dans les arts ménagers qu'elle exècre plus que tout.
Au grand dam de sa mère, Calpurnia s'entête, son esprit s'affine; elle découvre Darwin, les œuvres de Dickens ou encore de Melville. Sa curiosité devient plus pressante. Arrivera-t-elle à convaincre et imposer sa volonté à force d'acharnement ?

J'ai adoré chaque personnage de ce récit. Tous, sans exception, m'ont rempli le cœur.
Je fut complètement immergée dans cette histoire, j'avais vraiment l'impression de faire partie de cette famille, ô combien attachante! C'est marrant, mais dès que j'ouvrais ce livre, j'avais la sensation d'entendre les stridulations des grillons et des criquets. Vous savez, quand tout est calme, que la chaleur est harassante et que vous êtes posés là, au milieu de la nature, en complète harmonie avec ce qui vous entoure.
C'est un livre intelligent, drôle, émouvant, dans lequel l'auteur aborde aussi bien des points d'Histoire, de Science, d’Éducation, de Féminisme, de Respect et j'en passe. Il nous amène à la curiosité, à vouloir creuser plus loin les thèmes abordés. Et tout est fait d'une manière si délicate!
Ce livre, je le conseille à tous, aussi bien petits et grands. Il fait partie de ces récits que vous gardez bien précieusement dans votre bibliothèque car vous allez le lire et le relire, vous voudrez le partager et le faire découvrir à ceux qui vous entourent.

A ma plus grande joie, j'ai découvert que les aventures de Calpurnia ne s'arrêtent pas là. Un second livre est déjà sorti en VO. J'attends son arrivée chez nous avec grande impatience!

samedi 8 août 2015

Une place à prendre

Auteur: J.K. Rowling
Titre VO: The Casual Vacancy
Traduction:
Édition: Le Livre de Poche
Parution: 2 octobre 2013
Pages: 792 pages
Prix: 8.60 Euros

Quatrième de couverture:

Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique.
Un notable meurt. Sa place est à prendre...
Comédie de moeurs, tragédie teintée d'humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce formidable roman confirme le talent d'un écrivain prodige.





Mon avis:

J'ai très longtemps hésité à me lancer dans ce roman car, comment dire...étant une inconditionnelle amoureuse (comme la moitié de la planète et de l'univers même, je pense) de la saga Harry Potter, j'appréhendais énormément d'être déçue par ce que pouvait nous proposer J.K. Rowling dans un tout autre registre. D'autant plus que les avis sont vraiment partagés. Attention, roulement de tambour....Tada! Je fais partie du clan "Pour" ! Oui, cent fois oui! Je n'irais pas jusqu'à dire que ma lecture fut un coup de cœur, parce que deux ou trois petites choses m'ont dérangée, mais sincèrement ce premier roman adulte est E.X.C.E.L.L.E.N.T. !

Barry Fairbrother, membre illustre du Conseil Paroissial de la petite commune du sud de l'Angleterre de Pagford décède d'une rupture d'anévrisme. Ce malheur engendre une myriade d'évènements concernant son héritage politique et déchaîne les passions quant à la place qu'il laisse vacante. La communauté se divise essentiellement autour d'un combat qui lui tenait particulièrement à cœur, l'avenir d'un quartier défavorisé pris en étau entre deux localités qui ne veulent pas ou plus en assumer la charge. Les détracteurs du défunt s'en donnent à cœur joie pour tenter d'anéantir tout ce pour quoi il s'est battu tout au long son existence. La conquête du pouvoir est lancée.

Nous suivons la vie de plusieurs familles, toutes plus différentes les unes que les autres. Nous nous incrustons dans l'intimité la plus profonde, voir la plus perfide de ces êtres qui, pour un œil non averti, constituent la communauté d'une localité presque idyllique. Nous grattons à l'extrême cette fange humaine afin d'en extraire l'épaisse couche de crasse, le grotesque, l'hypocrisie et le désarroi qui caractérisent cette satyre sociale moderne terriblement acérée.

Personne n'est exempté. Tous sont ébranlés, écorchés, bafoués voir humiliés. Nous fréquentons des âmes crues, viles, souvent dénuées de conscience, tout en gardant une notion de relativité pour certaines. Et croyez-moi, les plus jeunes ne nous laissent pas en reste. D'aucuns parviennent à s'en sortir et apprennent de leurs erreurs alors que d'autres sombrent dans la déchéance la plus totale. Parfois le destin s'acharne, parfois il devient clément. Mais une chose est sûre, pas un n'en ressort entièrement indemne.

Je suis en totale admiration devant la capacité de J.K. Rowling à nous immerger de cette manière dans son univers. Je ne sais pas quel est son secret pour réussir à quasiment nous faire palper ses mots, à nous engloutir entre les pages de ses récrits.

Mais, comme énoncé en introduction, il y a tout de même deux petites choses que je reproche à ce livre. Premièrement, je fus perdue au début par le flux important de personnages. Il m'a fallu un petit temps d'adaptation pour savoir qui était qui, comprendre les liens entre chacun.
Seconde chose, je trouve vraiment que trop de vulgarité et de grossièreté ressortent des dialogues. Sincèrement, pour certaines, je pouvais comprendre, mais je n'imagine pas autant de personnes avoir un vocabulaire de charretier aussi conséquent. Je ne pense pas que cela aurait amenuisé la force du récit si le langage usité avait été plus modéré dans certains cas.

Cette lecture n'en reste pas moins, bien au contraire, captivante. Même si j'ai réussi à trouver qu'un seul protagoniste plutôt sympathique, Kay Bawden, les autres ayant été pour moi absolument abjectes ou m'ont laissée indifférente, l'épilogue m'a fait pleurer (en plus j'étais dans un train...Vive les lunettes de soleil, elles peuvent vous épargner des situations bien délicates !). J.K. Rowling montre, une fois de plus, l'étendue de son talent et ce, quel que soit le style littéraire choisi. J'ai actuellement dans ma pile à lire le premier tome de ses romans policiers L'appel du Coucou qu'il me tarde vraiment de découvrir. Affaire à suivre...



mercredi 22 juillet 2015

Ce qui nous lie

Auteur: Samantha Bailly
Éditions: Milady
Collection: Grande Romance
Parution: 19 avril 2013
Pages: 288 pages
Prix: 15.20 Euros

Quatrième de couverture:

Alice a un don. Les liens entre les individus lui apparaissent sous forme de fils lumineux. Un phénomène inexplicable qu'elle a appris à dissimuler...et à utiliser pour démasquer les hommes infidèles et venger les femmes trompées. Mais au fond, Alice aspire à retrouver une vie "normale", celle du bureau, des collègues et des relations simples. Son nouveau job dans un cabinet de recrutement semble lui offrir tout cela, et plus encore.
Parmi les personnalités variées qui cohabitent dans l'open space, elle rencontre Raphaël, chasseur de têtes et de cœurs, un homme inaccessible qui ne la laisse pas indifférente. Le seul dont Alice n'arrive pas percevoir les liens...


Mon avis:

Il y a des lectures qui vous bousculent, des lectures qui vous touchent, des lectures qui vous rappellent des situations que vous avez pu ou que vous êtes en train de vivre.
C'est un peu ce qui s'est produit pour moi avec Ce qui nous lie.

Ce livre nous parle de rapports humains, il nous parle d'amour,  il nous parle de déceptions, de blessures, de déchirures affectives, d'acceptation et de reconstruction.

C'est l'histoire d'Alice. Cela peut être notre histoire à tous. Alice est perdue, Alice a mal, Alice étouffe. Elle pleure, seule assise dehors, elle est démunie. Quand elle relève la tête, quelque chose d'étrange se produit...Alice a un don. Les liens qui unissent les gens, elle peut les voir, elle peut les évaluer mais elle ne comprend pas ce qui est en train de lui arriver.

Après une année à exploiter sa faculté afin de châtier les hommes infidèles, notre héroïne décide de reprendre sa vie en main. Elle trouve un travail dans une agence de recrutement parisienne où elle fait la rencontre de tout un panel de personnages bien représentatif de notre société.

Ce qui nous lie est un roman moderne, très bien construit et tellement réel. J'ai beaucoup aimé la personnalité d'Alice, ses contradictions, ses réflexions, ses interrogations. J'ai aimé pénétrer au plus profond de son être comme si cela était le parfait reflet de ce que je n'ose pas montrer, de ce que je ne veux pas m'avouer, de ce que je cherche à dépasser. Même si ce don peut paraître surprenant au début de ce récit presque terre-à-terre, - Dans le bon sens du terme, j'entends bien ! - sans cette immense toile d'araignée faite de liens lumineux, l'histoire n'aurait pas pu être.

Le style de Samantha Bailly est simple, actuel et très fluide. Elle a une belle façon de nous conduire dans son univers, de le rendre captivant. Au début, je fus assez perturbée par l'alternance temporelle; nous passons du présent au passé, du présent au futur, etc. Puis, très vite j'ai senti que cela était essentiel, que son exploitation était parfaite. Ici, rien n'est enjolivé, tout est vrai. Les personnages sont authentiques, imparfaitement tout ce qu'il y a de plus humains.

Même si au vu de ce qui précède ce livre semble terne et triste, je l'ai refermé avec un petit sourire au coin des lèvres, le cœur plus léger, à moitié libéré; c'était comme si mes propres émois, que j'avais du mal à définir et à identifier, prenaient un sens. L'auteur a su mettre les mots exacts sur des émotions pas toujours évidentes à verbaliser.

Ce fut une très très belle découverte dans laquelle j'appréhendais pourtant de me lancer, de peur de ne pas aimer. Samantha Bailly m'a conquise. Maintenant, je suis curieuse de découvrir ce que cet auteur aux multiples facettes peut encore m'offrir.

dimanche 19 juillet 2015

Le Paris des Merveilles, Tome 3: Le Royaume Immobile

Auteur: Pierre Pevel
Editions: Bragelonne
Collection: Steampunk
Parution: 20 mai 2015
Pages: 384
Prix: 17.90 EUR

Quatrième de couverture:

La porte vers la capitale d'OutreMonde, Ambremer, amène bien des Merveilles au Paris du siècle passé: La tour Eiffel est bâtie d'un bois blanc qui chante à la Lune, sur les Champs-Élysées, le feuillage des arbres diffuse à la nuit une douce lumière mordorée, et les créatures féeriques vivent parmi les hommes.

Alors que tous ne songent qu'aux prochaines élections du Parlement des Fées, Griffont doit aider un ami soupçonné du meurtre d'un mage du Cerlcle Incarnat. De son côté, Isabel se trouve aux prises avec de dangereux anarchistes venus de l'OutreMonde et bien décidés à ensanglanter Paris pour se faire entendre. Mais bientôt Griffont et Isabel découvriront que ces deux affaires sont liées, et lèveront alors le voile sur un secret ancien susceptible d'ébranler le trône d'Ambremer.

Mon avis:

Vous devez vous demander s'il n'y a pas une erreur quelque part. Non, je vous rassure. Je n'ai tout simplement pas fait la chronique du Tome 2 du Paris des Merveilles. Pourquoi ? En fait, je n'arrivais pas à me concentrer. À chaque fois que je tentais de reprendre ma lecture, mon esprit se mettait à vagabonder de-ci de-là. Résultat, en achevant mon livre, je me suis aperçue que je ne n'avais quasiment rien retenu de ce que j'avais lu.
Dans quelque temps, je replongerai dans cet opus pour en faire une chronique qui ressemble un minimum à quelque chose.
Mais fort heureusement, cela ne m'a absolument pas empêché de suivre ce dernier tome.

Nous retrouvons derechef notre duo, Griffont et Isabel, pour de nouvelles aventures.

Un mystérieux gnome noir est assassiné non loin de l'habitation d'Isabel. Son poignet est marqué d'un étrange symbole.
Le Cercle Cyan se retrouve dans une situation difficile. Un de ses jeunes membres est soupçonné d'être mêlé à la disparition et au meurtre d'un membre d'un cercle rival - le Cercle Incarnat - avec qui il devait se battre en duel pour des raisons, somme toute, équivoques. Notre mage préféré ayant été choisi comme témoin par son pair et tenant à aider un ami, se retrouve également impliqué, ce qui le met dans une situation délicate car cette affaire risque de compromettre son entrée au Parlement des Fées.

Isabel est victime d'un attentat au pied de la tour Eiffel revendiqué par un groupe terroriste bannit de l'OutreMonde qui milite et menace le pouvoir en place depuis la Terre.

Les évènements s'enchaînent, des interrogations restent en suspens mais petit à petit tout commence à se délier, à se regrouper et à se mettre en place.

Nous en apprenons un peu plus concernant le passé de la Baronne, sur les circonstances de son exclusion du Royaume des Fées ainsi que sur le lourd secret qui s'y rattache. Tout ici est histoire de manipulation, de politique, d'ambition mal intentionnée et de vengeance.

J'avoue avoir été moins transportée par ce dernier volume même s'il nous réserve encore quelques belles surprises, que l'action et les rebondissements ne manquent pas.
Pour ma part, le charme a été un peu rompu. Je trouve ce tome moins "merveilleux", moins instructif aussi. De brefs passages du livre m'ont fait ressentir ce petit frémissement que j'avais eu en découvrant cette atmosphère incroyable mais ils furent minimes.

Certains personnages, qui donnaient une réelle profondeur à cet univers, sont mis à l'écart sans réelles raisons, comme si l'auteur voulait s'en défaire, sans trop savoir comment, pour se concentrer uniquement sur les principaux protagonistes. D'autres font leur apparition mais n'apportent pas grand chose de plus à l'histoire. Je trouve cela dommage. Toujours aussi bien écrit, Le Royaume Immobile n'en reste pas moins palpitant et j'ai tout de même passé un agréable moment de lecture.


dimanche 12 juillet 2015

Princesse Sara, Tome 1: Pour une mine de diamants

Auteur: Audrey Alwett
Illustrations: Nora Moretti
Editions: Soleil
Collection: Sol. Blackberry
Parution: 27 avril 2011
Pages: 48 pages
Prix: 10.95 EUR

Quatrième de couverture:

Sara a toujours vécu aux Indes, lorsque son père l'envoie parfaire son éducation en Angleterre dans le pensionnat sélect de Miss Minchin.

Immensément riche, grâce à une fortune bâtie sur les automates, Sara suscite rapidement amitiés et jalousies. Les haines s'attisent d'autant plus que Sara a pour elle toutes les qualités d'une princesse. Jusqu'au jour où son père décide d'investir sa fortune dans une mystérieuse mine de diamants...

Mon avis:

Petite fille, j'attendais le dimanche matin - le mercredi également pour le Club Dorothée ;-) - avec grande impatience pour pouvoir regarder à la télévision un dessin animé que j'affectionnais beaucoup: Princesse Sara.

Quand j'ai découvert, il y a quelque temps, une bande dessinée homonyme, ma curiosité a pris le dessus et je n'ai pu m'empêcher d'acquérir le premier tome en espérant y retrouver l'histoire de mon enfance. Pourtant, je ne suis vraiment pas amatrice de BD, mis à part peut être Astérix. Nostalgie quand tu nous tiens ! Le dessin animé ainsi que cette BD sont eux-mêmes inspirés de l'histoire écrite par Frances Hodgon Burnett que je ne connais pas par-contre.

Ce fut une très bonne surprise de constater que c'était bien la même histoire. Enfin, il y a tout de même quelques petits détails qui changent. Nous entrons ici dans un univers steampunk - en ce moment, il faut croire que j'y suis abonnée - où des automates font partie intégrante de la vie quotidienne. Certains noms de personnages ne sont également pas tout à fait les mêmes; Ms Minchin s'appelait, si mes souvenirs sont bons, Mlle Mangin et sa sœur est ici un des fameux automates domestiques qui lui sert d'aide à la pension.

Sara Crewe est une jeune fille de 11 ans originaire des Indes britanniques, issue d'une famille d'industriels à la tête d'une compagnie leader dans la fabrication d'automates domestiques. Elle vient d'arriver à Londres avec son père pour intégrer un pensionnat de jeunes filles afin de parfaire son éducation.

Sara est très riche, douce, intelligente, cultivée, pleine d'imagination, intègre et très altruiste. Forcément, son entrée à la pension de Ms Minchin suscite des jalousies notamment envers Lavinia qui était, avant son arrivée, l'élève modèle. Même si Nelly Olsen (cf. la Petite Maison dans la prairie) est un ange en comparaison, je peux comprendre l'exaspération de Lavinia face à cette nouvelle rivale. Je me souviens que, déjà à l'époque, Sara avait tendance quelques fois à, pardonnez-moi l'expression, me taper sur le système tellement sa perfection était poussée à l'extrême, au point que cela en devenait peu crédible.

Bref, son père repart s'occuper de ses affaires dans la colonie britannique mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu.

Ce premier tome reprend vraiment le début des aventures de Sara, son intégration, les liens qu'elle commence à créer avec certaines de ses camarades et autres domestiques. Les planches graphiques sont très bien faites et je trouve leur représentation bien plus attrayantes que celle du dessin animé.

J'ai apprécié ici les petites réflexions mentales de Sara qui la rendent un peu moins parfaite et un peu moins naïve. Le caractère hypocrite et détestable de Ms Minchin est beaucoup plus marqué donc plus intéressant à mon sens. 
  
Bien que j'ai éprouvé un réel plaisir à retrouver cet univers, je ne suis pas sûre de continuer à suivre cette série, n'étant plus autant touchée qu'autrefois. Peut être qu'en cas d'humeur nostalgique, j'acquerrai de temps en temps la suite. Par contre, je le conseille à toute jeune fille pré-adolescente car c'est une très belle bande dessinée.


mercredi 8 juillet 2015

Le Paris des Merveilles, Tome 1: Les Enchantements d'Ambremer

Auteur: Pierre Pevel
Editions: Bragelonne
Collection: Steampunk
Parution: 20 mai 2015
Pages: 384
Prix: 17.90 EUR

Quatrième de couverture:


Paris, début du XXème siècle.
Les messieurs ont de fières moustaches, des chapeaux melons; les dames portent des corsets, des jupons, des bottines à boutons. Déjà, de rutilants tacots pétaradent parmi les fiacres le long des Grands Boulevards aux immeubles haussmanniens. Mais ce n'est le Paris de la Belle Époque tel que nous l'entendons: la tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes ont investi la Seine, le farfadets, le bois de Vincennes, des chats-ailés discutent philosophie et une ligne de métro permets de rejoindre le pays des fées.

Occupé à enquêter sur un trafic d'objets enchantés, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, se retrouve mêlé à une série de meurtres. Confronté à des gargouilles immortelles et à un puissant sorcier, Griffont n'a d'autre choix que de s'associer à Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien...


Mon avis:

J'étais allongée bien tranquillement dans mon lit quand j'ouvris les premières pages de mon livre. Le style narratif de l'auteur me donna l'impression que l'on me susurrait à l'oreille "il était une fois" en me faisant signe d'approcher. Je me penchai et, soudainement, je fus transportée dans Le Paris des Merveilles de Pierre Pevel.

Ce fut réellement délicieux de découvrir notre capitale du début du XXème siècle qui n'était pas tout à fait la même ni tout à fait différente. Notre monde côtoie et se mêle sans ostentation à des univers fantastiques, principalement l'OutreMonde, peuplés de créatures féériques toutes plus fascinantes les unes que les autres.

Dans cet opus, nous fréquentons des Mages, des chats-ailés érudits, des gnomes, des fées, des gargouilles, des arbres qui vous font la conversation et j'en passe. Une des mes premières impressions fut de me retrouver dans un épisode des Brigades du Tigre version fantasy. Ici, nous ne nous suivons pas une quête, usuelle à ce genre littéraire, mais nous sommes plongés au milieu d'une enquête qui prend, au fil des pages, des allures de complot.

J'ai eu un réel élan d'affection envers les principaux protagonistes, notamment le mage Louis Denizart Hippolyte Griffont, LE Gentleman par excellence ! - Oui, je l'avoue, il m'a totalement conquise, pourtant cela ne m'arrive pas fréquemment -, ou encore la Baronne Isabel de Saint-Gil, magnifique enchanteresse aventurière, espionne, voleuse à ses heures, au caractère indépendant et vraiment bien affirmé. Certains personnages secondaires sont également loin d'être insipides et je ne pouvais les approcher qu'avec tendresse; mon gros coup de cœur revient à Azincourt, chat-ailé à l'accent faussement british, drôle, dévoué, précieux, orgueilleux même, un peu ronchon et légèrement susceptible.

Pierre Pevel a une manière d'écrire tout à fait exquise. Qu'il fut bon d'entendre les sonorités élégantes des dialogues, qu'il fut bon de suivre les descriptions de son Paris des Merveilles, de voyager à travers ses références historiques, de fréquenter de près ou de loin les grands noms de l'époque comme Georges Méliès ou Jules Verne. J'ai adoré ne plus savoir vraiment si je suivais par moments, un roman de fantasy, une enquête policière ou un roman historique. Je pense que c'est ce qui fait toute l'originalité ainsi que le charme de l’œuvre.

Le rythme de l'histoire est bien cadencé sans être trop intense ce qui nous permet de bien nous imprégner de l'atmosphère du récit, d'appréhender les personnages et de nous situer dans l'intrigue sans être perdus.

C'est avec un grand enthousiasme que je continuerai à suivre les prochains tomes de cette trilogie drôle, ensorcelante et un brin mystérieuse. 

vendredi 3 juillet 2015

Belladonna

Auteur: Cécile Guillot
Éditions: Du Petit Caveau
Collection: Gothique
Parution: 30 mai 2015
Pages: 236 pages
Prix: 17. 90 euros

Quatrième de couverture:

Fleurs aux senteurs enivrantes et baies charnues à la drupe colorée; autant de promesses d'un plaisir sucré ou acidulé estompent la menace d'un poison pourtant parfois bien réel: Telles sont les histoires que renferme ce recueil, déposant sur vos esprits, avec innocence suspecte, leur poésie vénéneuse. Des héroïnes fragiles au destin immuable et des créatures encore plus torturées que leur proies composent le monde mélancolique de Cécile Guillot. Belladonna vous invite à le découvrir à travers le prisme de ses belles dames et de leur venin tantôt hypnotique, tantôt mortel.



Mon avis:

En tout premier lieu, je tiens à vous donner mon avis sur l'objet livre en lui-même. Je ne vous cache pas que la couverture a eu un grand rôle à jouer quant à mon attraction envers cet ouvrage. Comment vous dire à quel point je trouve l'illustration absolument sublime ! J'ai passé de longs moments à la contempler juste pour le plaisir des yeux. D'ailleurs, je craignais un peu de me plonger dans sa lecture de peur que son contenu ne reflète pas sa quintessence. 

Maintenant, revenons à l'essentiel. Belladonna est un recueil, séparé en trois parties majeures, qui se compose de 21 nouvelles d'inspiration gothique et fantastique nous entraînant dans un monde peuplé de vampires, loups, fantômes, sorcières et autres créatures féériques sous forme de légendes, faits divers et contes. 

Les premiers manuscrits m'ont laissée sceptique, notamment le premier De Larmes et de Sang qui fut beaucoup trop rapide et vraiment trop peu crédible relativement au ressenti de la rencontre entre Charline et Gabriel. Puis, plus je m'enfonçais dans l'univers de l'auteure plus je commençais à me délecter de son phrasé, des thèmes qu'elle abordait, de l'atmosphère envoûtante dans laquelle elle me plongeait. Elle utilise un vocabulaire riche, certains passages deviennent réellement poétiques. Là, où je l'ai trouvée la plus convaincante c'est dans les historiettes concernant les sorcières; elles m'ont particulièrement charmée. Nous constatons que Cécile Guillot maîtrise son sujet et c'est à ce niveau qu'elle nous propose les textes les plus intéressants et passionnants, dans lesquels ses héroïnes sont parfois naïves, parfois innocentes, parfois cruelles, parfois manipulatrices, parfois perdues, parfois tentatrices.

Même si nous avons ici un opuscule pas tout à fait abouti car il nous offre les premiers pas de l'écrivaine en tant qu'auteur, je pense qu'il y a beaucoup de potentiel et il me donne envie d'aller creuser un peu plus profondément dans ses écrits.




dimanche 21 juin 2015

TAG - Le portrait chinois livresque

Bonjour à tous,

En ce dimanche après-midi plutôt maussade (dans ma région, en tout cas) je me suis dit que je pourrais me lancer dans un petit TAG afin de faire plus ample connaissance.
J'ai repéré cette petite chose fort sympathique sur un blog où j'adore me perdre: Une Page s'ouvre. Il vous suffit de cliquer sur le lien pour aller y jeter un coup d’œil, et croyez-moi, ça vaut le détour!

Aller, c'est parti!

  • Si j'étais un livre, je serais:


Ce livre est un pur chef d’œuvre!  Il m'a fait sourire, il m'a fait pleurer, il m'a inquiétée, il m'a enthousiasmée, bref, vous l'aurez compris, j'ai adoré. Dickens n'a pas son pareil pour nous projeter dans la vie de ses personnages qu'il n'hésite pas à maltraiter et à mettre face à des épreuves plus rudes les unes que les autres. Les épilogues sont loin de tous se terminer en happy end. Là, pour le coup, tout finit bien, ouf ! Sincèrement, si vous ne connaissez pas Dickens, je ne peux que vous crier, ALLEZ-Y !!! n'ayez pas peur de l'ampleur des récits, tout est si délicieusement bien écrit que l'on ne peut qu'en redemander. Il n'y va pas par quatre chemins et il dénonce à travers sa plume acérée les travers de son époque. Ce livre restera à jamais dans mon cœur.

  • Si j'étais une couverture, je serais:


Vraiment pas facile comme question! J'ai retourné ma bibliothèque dans tous les sens et j'aurais pu en mettre des dizaines. Je pense  que celle-ci me correspond assez bien. Elle est douce et sombre à la fois. Oui, le côté clair-obscur pourrait assez bien me définir.

  • Si j'étais une maison d'édition, je serais:


Voici une petite maison d'édition spécialisée dans la littérature de l'imaginaire qui gagne à être connue. Je n'ai pas lu beaucoup de livres venant du Chat Noir mais j'ai vraiment eu de très très belles surprises, notamment avec la trilogie Néachronical de Jean Vigne (Attention: A ne pas mettre entre toutes les mains!) et La Pelote d'épingles de Cécile G. Cortes. Quelques déceptions aussi mais bon, tout ne peut pas nous plaire, hein. J'aime leur ligne éditoriale et si vous avez l'occasion de les rencontrer sur un salon, passez les voir, ils sont vraiment adorables, leurs auteurs le sont tout autant et ils nous promettent de belles sorties, dans les prochains mois à venir, que j'ai hâte de découvrir. Bon, ok, avant cela je dois terminer les livres que j'ai acquis sur leur stand lors des Imaginales 2015 car, comment dire, j'y ai fait une véritable razzia !

  • Si j'étais un(e) auteur(e), je serais:


 Marie-Aude Murail! J'ai eu l'immense joie de pouvoir rencontrer Marie-Aude Murail lors du salon du livre annuel de ma ville. C'est l'auteure à laquelle j'arrive le plus à m'identifier. Nous avons une passion commune pour Charles Dickens et ses contemporains. De plus, sa plume est un réel enchantement. Si, comme moi, vous affectionnez cette période littéraire et les auteurs qui s'y rattachent je vous conseille grandement de vous plonger sans modération dans Miss Charity, qui nous transporte dans l'univers de Béatrix Potter, Charles Dickens, biographie du plus grand romancier de tous les temps avec une petite dose pickwickienne ou encore l'adaptation de De Grandes Espérances, qui m'a réconcilié avec cette œuvre que je n'avais pas aimée dans sa version originale.

  • Si j'étais un best-seller, je serais:


Surpris ? Je suis persuadée que vous ne vous attendiez pas à ça ! héhé. Bien oui, même si ce n'est pas un mais sept livres, tant pis, c'était une évidence pour moi. Comment ne pas vouloir être ce Best-seller, il a fait rêver, frissonner des générations entières pendant une décennie et est devenu un incontournable, un Classique même dans son genre.

  • Si j'étais un personnage féminin, je serais:


Elisabeth Bennet. Une jeune femme pleine de caractère qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui, malgré son époque, se bat pour trouver le vrai bonheur.

  • Si j'étais un personnage masculin, je serais:

Sherlock Holmes. Bien que je suis loin d'avoir son esprit de déduction, qu'est-ce que j'aime ce personnage !

  • Si j'étais un marque-page, je serais:

Franchement là peu importe, tant que je fais bien mon travail de marque-page...

  • Si j'étais une quatrième de couverture, je serais:


  Je n'ai pas encore lu ce livre donc je ne peux pas vous donner mon avis dessus pour le moment mais la couverture est absolument sublime et la quatrième de couverture tout aussi belle (quoique, je viens d'apercevoir une coquille. Tant pis, je la corrige): "Fleurs aux senteurs enivrantes et baies charnues à la drupe colorée; autant de promesses d'un plaisir sucré ou acidulé estompent la menace d'un poison pourtant parfois bien réel. Telles sont les histoires que referme ce recueil, déposant sur vos esprits, avec une innocence suspecte, leur poésie vénéneuse. Des héroïnes fragiles au destin immuable et des créatures encore plus torturées que leur proies composent le monde mélancolique de Cécile Guillot. Belladonna vous invite à le découvrir à travers le prisme de ses belles dames et de leur venin tantôt hypnotique, tantôt mortel".

  • Si j'étais un accessoire de lecture, je serais:


Une tasse de thé. Je bois des litres de thé. Un bon livre accompagné d'un bon thé, c'est du pur bonheur !

  • Si j'étais un(e) bloggeur(euse), je serais:


Margaud! Le choix ne fut vraiment pas évident mais j'adore le travail et la personnalité de Margaud, que ce soit sur son blog ou sur sa chaîne youtube.

  • Si j'étais une saga, je serais:


Hahaha. Non, ne criez pas au scandale ! Je joue la grosse fainéante !

  • Si j'étais un classique, je serais:

Grand rival de Dickens à son époque, Thackeray met en scène dans ce chef-d’œuvre une satire sociale, moins caricaturée que celles de son prédit concurrent, où l'on retrouve la jeune Rebecca Sharp, issue d'un milieu très modeste, qui se sert de la naïve et docile Amélia Sedley pour enfreindre tous les codes moraux afin de s'élever sur l'échelle sociale à l'aube des guerres napoléoniennes.

Voilà, ce TAG est terminé. N'hésitez pas à le reprendre s'il vous tente de le faire à votre tour. Dans ce cas, ça me fera plaisir de lire vos réponses.