vendredi 11 septembre 2015

L'Appel du Coucou


Auteur: Robert Galbraith
Titre VO: The Cuckoo's Calling
Traduction: 
Édition: Le Livre de Poche
Collection: Policier / Thriller
Parution: 15 octobre 2014
Pages: 696 pages
Prix: 8.30 Euros

Quatrième de couverture:

Lorsque le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée, dans un quartier chic londonien, l'affaire est vite classée. Suicide. Jusqu'au jour où John Bristow, le frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike. Cet ex-lieutenant de l'armée, revenu d'Afghanistan amputé d'une jambe, est au bout du rouleau: sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée, un naufrage. Aidé par une jeune intérimaire finaude, virtuose de l'Internet, il reprend l'enquête. De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock stars, Strike va passer de l'autre côté du miroir glamour de la mode et du people pour plonger dans un gouffre de secrets, de trahisons, de manœuvres inspirées par la vengeance.

Mon avis:

Troisième tentative, troisième style littéraire différent et cette fois c'est officiel, Madame Rowling je vous aime. Oui, je vous aime d'amour...tout du moins, vos récits! Je pense ne rien vous apprendre en vous disant que l'auteur qui se cache derrière le pseudonyme de Robert Galbraith  est en fait la Grande, l'Immense J.K. Rowling.

Vous aimez les bonnes intrigues à l'anglaise ? Vous aimez les enquêteurs charismatiques, marginaux et singuliers ? Vous aimez les duos à la Sherlock et Watson ? Je crois que ce roman est fait pour vous.

Fils irlandais illégitime d'une rock-star, ancien lieutenant de la police militaire britannique, Cormoran Strike est marqué par les stigmates de la guerre. Reconverti en détective privé, sa vie professionnelle est au point mort tout autant que sa vie privée qui part à vau-l'eau. La banqueroute le guette, ses créanciers commencent à s'impatienter, le gouffre s'agrandit.
Un matin, une jeune intérimaire, Robin, frappe à sa porte alors qu'il ne l'attendait pas. Un client également. Enfin! John Landry, avocat de son état, missionne notre détective pour enquêter sur le décès de sa sœur, mannequin vedette international, morte par suicide selon l'enquête officielle quatre mois plus tôt.
Cormoran s'attèle à la tâche avec une détermination sans borne afin d'éclaircir cette affaire.

Que vous dire de ce roman ? C'est du très très bon. Je pense que vous l'aurez compris (si si, c'est indiqué un peu plus haut à droite).

Déjà, j'ai adoré la personnalité de notre détective. Introverti, pudique, cérébral, entier, il est le genre de personne qui vous met à nu par son simple sens de l'observation et de déduction. Il n'est pas du style à se dévoiler. Il y a juste un moment où, ayant un peu trop abusé de l'alcool, il devient un peu plus loquace concernant sa vie privée. Et franchement, ce passage, je l'ai trouvé extraordinaire. C'était touchant, émouvant et drôle. J'étais pleine d'émotions de voir cette armoire à glace, que l'on s'imagine imperturbable, être en souffrance et laisser ses émois sortir malgré lui.

Avec Robin, ils forment un duo parfait. Une équipe totalement en osmose. Ils sont tellement complémentaires que la communication se fait à demi-mot. Robin est l'assistante que tout patron rêverait d'avoir et sincèrement, petit aparté, je devrais prendre exemple sur elle professionnellement  parlant ;-). Bref, bref, bref, revenons à nos moutons, je m'égare.

J'arpentais la cité de Londres au travers des pages. Je m'imbibais de son atmosphère si particulière que j'aime tant. Je marchais dans chaque rue, je traversais chaque quartier comme si j'y étais. Je m'imprégnais du moindre détail, je me délectais de toutes les descriptions. Mon petit cœur n'arrêtait pas de battre et je ressentais les papillons dans mon ventre à chaque pas posé dans cette capitale absolument unique.

Par contre, l'envers du décors du monde dans lequel nous sommes ici plongés, empli de strasses et de paillettes, nous est joliment jeté à la figure. Alors, pour tous ceux qui croient encore en cette belle utopie, je vous laisse déguster sans modération toute l'hypocrisie, les manipulations, les jalousies, les destructions corporelles et spirituelles qu'engendre cet univers qui, personnellement, me donne des hauts le cœur. Les beaux quartiers renferment parfois les pires esprits.

L'enquête est finement menée, tout protagoniste nous paraît suspect, notre esprit se retrouve par moment bien embrouillé. De mon côté, je pars toujours du principe que le coupable est celui que l'on soupçonne le moins, alors au bout d'un moment j'ai eu une petite idée sur ce qui a pu se produire, puis je ne fus plus sûre de rien.

Je ne vous reparle pas de l'écriture parfaite de l'auteur au risque de paraître un peu trop instante sur le sujet...

Les férus de ce genre littéraire vous diront peut être le contraire, mais si vous êtes comme moi, que vous aimez vous lancer dans un polar avec parcimonie, je ne peux que vous conseiller L'appel du Coucou. Ce livre reprend les bases classiques du genre. C'est un vrai délice de se lancer dans cette enquête bien pensée, qui vous tient en haleine jusqu'au bout et qui ne se contente pas de suivre son fil conducteur mais creuse également une belle psychologie des personnages. Un roman policier so British comme je les affectionne !

samedi 29 août 2015

Le Passage du Diable

Auteur: Anne Fine
Titre VO: The Devil Walks
Traduction: Dominique Kugler
Édition: L'école des Loisirs
Collection: Médium poche
Parution: 8 avril 2015
Pages: 220 pages
Prix: 7.80 Euros

Quatrième de couverture:

Depuis son plus jeune âge, Daniel Cunningham a vécu enfermé, avec pour seule compagnie les livres et sa mère - qui l'a gardé reclus, à l'écart du monde extérieur, et qui n'a cessé de lui répéter qu'il était malade. Un jour, des coups frappés à la porte vont tout changer.
Des voisins ont découvert son existence, et résolu de libérer Daniel de l'emprise de sa mère. Pris en charge par le docteur Marlow et sa famille, il va découvrir peu à peu que tout ce qu'il tenait pour vrai jusque-là n'était qu'un tissu d'histoires racontées pour le protéger. Mais le protéger de Quoi ?
De sa vie d'avant Daniel n'y gardé qu'une maison de poupée. Et pas n'importe quelle maison de poupée: c'est la réplique exacte de la maison natale de sa mère, une maison qui recèle de nombreux et sombres secrets. Jusqu'à quels vertiges ces secrets conduiront-ils Daniel ?

Mon avis:

Voilà un livre qui a attisé ma curiosité de par son titre et sa couverture sombre et énigmatique. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas intéressée à ce genre de littérature, alors je me suis dit, pourquoi pas.
Je vous invite à m'accompagner dans l'atmosphère mystérieuse du Passage du Diable.

L'ambiance qui se dégage du livre est assez pesante dès les premières pages. Daniel Cunningham relate un épisode de sa vie pour le moins marquant. Alors qu'il a toujours vécu claustré entre les murs de sa maison avec pour seule compagnie sa mère, des livres et une magnifique maison de poupée, il est un jour libéré par le médecin du village suite à la découverte de son existence par une voisine un peu trop curieuse. Séparé de sa mère, internée en hôpital psychiatrique, Daniel est pris en charge par la famille du docteur Marlow. Il apprend à reprendre possession de son corps et se socialise sans trop de difficultés. Au cours de ses nombreuses séances de jeux avec sa maison de poupée, en compagnie de Sophie, benjamine de sa famille d'accueil, d'étranges évènements commencent à se produire.

Suite à de nombreuses recherches qui s'avèrent fructueuses, Daniel part rejoindre son oncle, demi-frère de sa mère. À son arrivée, pour le moins incongrue, il reste interdit devant cette demeure, réalisant que la maison de poupée en est la réplique exacte, jusque dans les moindre détails. Durant son séjour, de sombres secrets de famille se dévoilent, certaines vérités ressortent et la tension devient de plus en plus oppressante.
Qui est réellement cet oncle étrange et sinistre ? Que renferme vraiment le passé dramatique de cette famille ? Quels troublants secrets sa défunte mère a emporté avec elle dans la tombe ? Que va t-il advenir de Daniel ?

Ce roman m'a fait penser aux romans gothiques et aux romans noirs des XVIII ème et XIX ème siècles.
Aucun indice temporel ne nous est communiqué. C'est grâce à certains détails et certaines déductions que j'ai pu replacer l'histoire dans son contexte, à savoir selon moi, au XIX ème siècle.
Daniel n'est, en mon sens, pas assez crédible. J'eus l'impression que sa situation lui semblait plutôt normale, alors qu'il a passé toute sa vie enfermé, reclus de la société, se croyant malade. Il ne paraît presque pas perturbé d'être séparé de sa mère, juste légèrement inquiet de temps en temps, ni même traumatisé en découvrant la vérité.
Par contre, nous ressentons bien le caractère machiavélique et démoniaque de l'oncle de Daniel; tellement bien que son attitude et ses intentions en deviennent prévisibles.
J'ai beaucoup aimé le personnage de Sophie, jeune fille pleine de vie, un peu trop loquace, un peu coquine mais avec un grand cœur.

C'est le gros reproche que je peux faire à ce livre. D'une manière générale, l'auteur reste trop en surface, ne travaille pas assez ses personnages, ne maîtrise pas entièrement leurs émotions. Ce qui est vraiment dommage car le suspens et l'horreur sont bien là. Par contre l'écriture est fluide et immersive. J'arrivais à visualiser entièrement ma lecture, les lieux, l'atmosphère, les protagonistes.
Je n'ose pas trop creuser mon ressenti de peur de vous en dévoiler un peu trop. En fait, je fus tiraillée entre des passages vraiment prenants et d'autres complètement superflus. L'histoire n'est pas tout à fait aboutie.

Je ne peux pas dire que c'est un mauvais livre car ce ne serait pas justifié. Je pense que c'est un très bon livre introductif au roman noir, au roman d'horreur et à la littérature fantastique. Le problème c'est que je ne fais pas partie du lectorat visé, étant légèrement trop âgée. Je pense qu'il offrira une bonne dose de suspens, d'angoisse et de frissons aux jeunes lecteurs avant qu'ils puissent se lancer dans des œuvres comme Le Tour d’Écrou d'Henry James (que je conseille à 100% si vous aimez les histoires de fantômes), Le Moine de Matthew Lewis, la bibliographie d'Ann Radcliffe, pionnière du roman gothique et bien d'autres encore.

samedi 22 août 2015

Calpurnia

Auteur: Jacqueline Kelly
Titre VO: The Evolution of Calpurnia Tate
Traduction: Diane Ménard
Édition: L'école des loisirs
Collection: Médium poche
Parution: 4 mars 2015
Pages: 495 pages
Prix: 8.80 Euros


Quatrième de couverture:

Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l'été, elle s'interroge sur le comportement des animaux autour d'elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums. Aidée de son grand-père, un naturaliste fantasque et imprévisible, elle note dans son carnet d'observation tout ce qu'elle voit et se pose mille questions. Pourquoi, par exemple, les chiens ont-ils des sourcils? Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes? On est dans le comté de Caldwell, aux Texas, en 1899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes quant à ses découvertes, elle affirme sa personnalité au milieu de ses six frères et se conforte aux difficultés d'être une jeune fille à l'aube du XXème siècle. Apprendre la cuisine, la couture et les bonnes manières, comme il se doit, ou se laisser porter par sa curiosité insatiable? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté?


Mon avis:

Comment vous dire à quel point ce roman m'a fait vibrer? Comment trouver les bons mots pour vous exprimer toute la beauté et la richesse que renferment ces pages? Ce livre est un vrai petit bijou et mon cœur s'emballe encore rien que d'y penser.
C'est le genre d'histoire qui vous enveloppe de douceur, qui vous transporte à mille lieux de votre quotidien. Elle fait partie de ces récits que vous souhaiteriez ne jamais voir se terminer.

Calpurnia Virginia Tate est l'unique figure féminine d'une fratrie de 7 enfants. Elle a 11 ans et vit avec sa famille, cultivatrice de coton et de Pacaniers au Texas.
L'été 1899 est particulièrement caniculaire. Callie observe la vie qui grouille autour d'elle; les insectes, les animaux, la nature. Elle commence à s'interroger sur les différences entre les espèces, sur leurs particularités, sur l'évolution de la vie...Personne ne peux l'aider à répondre à certains de ses questionnements. Si, pardon, une personne, mais tellement mystérieuse, intimidante, fantasque et singulière! Son grand-père. Prenant son courage à deux mains, elle décide d'affronter ses craintes et d'approcher cet homme bourru qui,  malgré le fait de partager son quotidien, lui est totalement inconnu.
A partir de ce moment, la vie de notre petite héroïne va être complètement bouleversée. 

En parallèle, l'évolution du monde est en marche. L'entrée dans un nouveau siècle se prépare. C'est l'époque où le chemin de fer étend son immense toile jusque dans les coins les plus reculés, où l'automobile devient un objet de convoitise, où le téléphone révolutionne la communication, où le Coca-Cola commence à entreprendre sa conquête des territoires.
Prise entre un monde imprégné de traditions et un monde qui tend vers la modernité, Calpurnia désire plus que tout devenir naturaliste. Malheureusement, elle se voit contrainte à être destinée à se parfaire dans les arts ménagers qu'elle exècre plus que tout.
Au grand dam de sa mère, Calpurnia s'entête, son esprit s'affine; elle découvre Darwin, les œuvres de Dickens ou encore de Melville. Sa curiosité devient plus pressante. Arrivera-t-elle à convaincre et imposer sa volonté à force d'acharnement ?

J'ai adoré chaque personnage de ce récit. Tous, sans exception, m'ont rempli le cœur.
Je fut complètement immergée dans cette histoire, j'avais vraiment l'impression de faire partie de cette famille, ô combien attachante! C'est marrant, mais dès que j'ouvrais ce livre, j'avais la sensation d'entendre les stridulations des grillons et des criquets. Vous savez, quand tout est calme, que la chaleur est harassante et que vous êtes posés là, au milieu de la nature, en complète harmonie avec ce qui vous entoure.
C'est un livre intelligent, drôle, émouvant, dans lequel l'auteur aborde aussi bien des points d'Histoire, de Science, d’Éducation, de Féminisme, de Respect et j'en passe. Il nous amène à la curiosité, à vouloir creuser plus loin les thèmes abordés. Et tout est fait d'une manière si délicate!
Ce livre, je le conseille à tous, aussi bien petits et grands. Il fait partie de ces récits que vous gardez bien précieusement dans votre bibliothèque car vous allez le lire et le relire, vous voudrez le partager et le faire découvrir à ceux qui vous entourent.

A ma plus grande joie, j'ai découvert que les aventures de Calpurnia ne s'arrêtent pas là. Un second livre est déjà sorti en VO. J'attends son arrivée chez nous avec grande impatience!

samedi 8 août 2015

Une place à prendre

Auteur: J.K. Rowling
Titre VO: The Casual Vacancy
Traduction:
Édition: Le Livre de Poche
Parution: 2 octobre 2013
Pages: 792 pages
Prix: 8.60 Euros

Quatrième de couverture:

Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique.
Un notable meurt. Sa place est à prendre...
Comédie de moeurs, tragédie teintée d'humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce formidable roman confirme le talent d'un écrivain prodige.





Mon avis:

J'ai très longtemps hésité à me lancer dans ce roman car, comment dire...étant une inconditionnelle amoureuse (comme la moitié de la planète et de l'univers même, je pense) de la saga Harry Potter, j'appréhendais énormément d'être déçue par ce que pouvait nous proposer J.K. Rowling dans un tout autre registre. D'autant plus que les avis sont vraiment partagés. Attention, roulement de tambour....Tada! Je fais partie du clan "Pour" ! Oui, cent fois oui! Je n'irais pas jusqu'à dire que ma lecture fut un coup de cœur, parce que deux ou trois petites choses m'ont dérangée, mais sincèrement ce premier roman adulte est E.X.C.E.L.L.E.N.T. !

Barry Fairbrother, membre illustre du Conseil Paroissial de la petite commune du sud de l'Angleterre de Pagford décède d'une rupture d'anévrisme. Ce malheur engendre une myriade d'évènements concernant son héritage politique et déchaîne les passions quant à la place qu'il laisse vacante. La communauté se divise essentiellement autour d'un combat qui lui tenait particulièrement à cœur, l'avenir d'un quartier défavorisé pris en étau entre deux localités qui ne veulent pas ou plus en assumer la charge. Les détracteurs du défunt s'en donnent à cœur joie pour tenter d'anéantir tout ce pour quoi il s'est battu tout au long son existence. La conquête du pouvoir est lancée.

Nous suivons la vie de plusieurs familles, toutes plus différentes les unes que les autres. Nous nous incrustons dans l'intimité la plus profonde, voir la plus perfide de ces êtres qui, pour un œil non averti, constituent la communauté d'une localité presque idyllique. Nous grattons à l'extrême cette fange humaine afin d'en extraire l'épaisse couche de crasse, le grotesque, l'hypocrisie et le désarroi qui caractérisent cette satyre sociale moderne terriblement acérée.

Personne n'est exempté. Tous sont ébranlés, écorchés, bafoués voir humiliés. Nous fréquentons des âmes crues, viles, souvent dénuées de conscience, tout en gardant une notion de relativité pour certaines. Et croyez-moi, les plus jeunes ne nous laissent pas en reste. D'aucuns parviennent à s'en sortir et apprennent de leurs erreurs alors que d'autres sombrent dans la déchéance la plus totale. Parfois le destin s'acharne, parfois il devient clément. Mais une chose est sûre, pas un n'en ressort entièrement indemne.

Je suis en totale admiration devant la capacité de J.K. Rowling à nous immerger de cette manière dans son univers. Je ne sais pas quel est son secret pour réussir à quasiment nous faire palper ses mots, à nous engloutir entre les pages de ses récrits.

Mais, comme énoncé en introduction, il y a tout de même deux petites choses que je reproche à ce livre. Premièrement, je fus perdue au début par le flux important de personnages. Il m'a fallu un petit temps d'adaptation pour savoir qui était qui, comprendre les liens entre chacun.
Seconde chose, je trouve vraiment que trop de vulgarité et de grossièreté ressortent des dialogues. Sincèrement, pour certaines, je pouvais comprendre, mais je n'imagine pas autant de personnes avoir un vocabulaire de charretier aussi conséquent. Je ne pense pas que cela aurait amenuisé la force du récit si le langage usité avait été plus modéré dans certains cas.

Cette lecture n'en reste pas moins, bien au contraire, captivante. Même si j'ai réussi à trouver qu'un seul protagoniste plutôt sympathique, Kay Bawden, les autres ayant été pour moi absolument abjectes ou m'ont laissée indifférente, l'épilogue m'a fait pleurer (en plus j'étais dans un train...Vive les lunettes de soleil, elles peuvent vous épargner des situations bien délicates !). J.K. Rowling montre, une fois de plus, l'étendue de son talent et ce, quel que soit le style littéraire choisi. J'ai actuellement dans ma pile à lire le premier tome de ses romans policiers L'appel du Coucou qu'il me tarde vraiment de découvrir. Affaire à suivre...



mercredi 22 juillet 2015

Ce qui nous lie

Auteur: Samantha Bailly
Éditions: Milady
Collection: Grande Romance
Parution: 19 avril 2013
Pages: 288 pages
Prix: 15.20 Euros

Quatrième de couverture:

Alice a un don. Les liens entre les individus lui apparaissent sous forme de fils lumineux. Un phénomène inexplicable qu'elle a appris à dissimuler...et à utiliser pour démasquer les hommes infidèles et venger les femmes trompées. Mais au fond, Alice aspire à retrouver une vie "normale", celle du bureau, des collègues et des relations simples. Son nouveau job dans un cabinet de recrutement semble lui offrir tout cela, et plus encore.
Parmi les personnalités variées qui cohabitent dans l'open space, elle rencontre Raphaël, chasseur de têtes et de cœurs, un homme inaccessible qui ne la laisse pas indifférente. Le seul dont Alice n'arrive pas percevoir les liens...


Mon avis:

Il y a des lectures qui vous bousculent, des lectures qui vous touchent, des lectures qui vous rappellent des situations que vous avez pu ou que vous êtes en train de vivre.
C'est un peu ce qui s'est produit pour moi avec Ce qui nous lie.

Ce livre nous parle de rapports humains, il nous parle d'amour,  il nous parle de déceptions, de blessures, de déchirures affectives, d'acceptation et de reconstruction.

C'est l'histoire d'Alice. Cela peut être notre histoire à tous. Alice est perdue, Alice a mal, Alice étouffe. Elle pleure, seule assise dehors, elle est démunie. Quand elle relève la tête, quelque chose d'étrange se produit...Alice a un don. Les liens qui unissent les gens, elle peut les voir, elle peut les évaluer mais elle ne comprend pas ce qui est en train de lui arriver.

Après une année à exploiter sa faculté afin de châtier les hommes infidèles, notre héroïne décide de reprendre sa vie en main. Elle trouve un travail dans une agence de recrutement parisienne où elle fait la rencontre de tout un panel de personnages bien représentatif de notre société.

Ce qui nous lie est un roman moderne, très bien construit et tellement réel. J'ai beaucoup aimé la personnalité d'Alice, ses contradictions, ses réflexions, ses interrogations. J'ai aimé pénétrer au plus profond de son être comme si cela était le parfait reflet de ce que je n'ose pas montrer, de ce que je ne veux pas m'avouer, de ce que je cherche à dépasser. Même si ce don peut paraître surprenant au début de ce récit presque terre-à-terre, - Dans le bon sens du terme, j'entends bien ! - sans cette immense toile d'araignée faite de liens lumineux, l'histoire n'aurait pas pu être.

Le style de Samantha Bailly est simple, actuel et très fluide. Elle a une belle façon de nous conduire dans son univers, de le rendre captivant. Au début, je fus assez perturbée par l'alternance temporelle; nous passons du présent au passé, du présent au futur, etc. Puis, très vite j'ai senti que cela était essentiel, que son exploitation était parfaite. Ici, rien n'est enjolivé, tout est vrai. Les personnages sont authentiques, imparfaitement tout ce qu'il y a de plus humains.

Même si au vu de ce qui précède ce livre semble terne et triste, je l'ai refermé avec un petit sourire au coin des lèvres, le cœur plus léger, à moitié libéré; c'était comme si mes propres émois, que j'avais du mal à définir et à identifier, prenaient un sens. L'auteur a su mettre les mots exacts sur des émotions pas toujours évidentes à verbaliser.

Ce fut une très très belle découverte dans laquelle j'appréhendais pourtant de me lancer, de peur de ne pas aimer. Samantha Bailly m'a conquise. Maintenant, je suis curieuse de découvrir ce que cet auteur aux multiples facettes peut encore m'offrir.

dimanche 19 juillet 2015

Le Paris des Merveilles, Tome 3: Le Royaume Immobile

Auteur: Pierre Pevel
Editions: Bragelonne
Collection: Steampunk
Parution: 20 mai 2015
Pages: 384
Prix: 17.90 EUR

Quatrième de couverture:

La porte vers la capitale d'OutreMonde, Ambremer, amène bien des Merveilles au Paris du siècle passé: La tour Eiffel est bâtie d'un bois blanc qui chante à la Lune, sur les Champs-Élysées, le feuillage des arbres diffuse à la nuit une douce lumière mordorée, et les créatures féeriques vivent parmi les hommes.

Alors que tous ne songent qu'aux prochaines élections du Parlement des Fées, Griffont doit aider un ami soupçonné du meurtre d'un mage du Cerlcle Incarnat. De son côté, Isabel se trouve aux prises avec de dangereux anarchistes venus de l'OutreMonde et bien décidés à ensanglanter Paris pour se faire entendre. Mais bientôt Griffont et Isabel découvriront que ces deux affaires sont liées, et lèveront alors le voile sur un secret ancien susceptible d'ébranler le trône d'Ambremer.

Mon avis:

Vous devez vous demander s'il n'y a pas une erreur quelque part. Non, je vous rassure. Je n'ai tout simplement pas fait la chronique du Tome 2 du Paris des Merveilles. Pourquoi ? En fait, je n'arrivais pas à me concentrer. À chaque fois que je tentais de reprendre ma lecture, mon esprit se mettait à vagabonder de-ci de-là. Résultat, en achevant mon livre, je me suis aperçue que je ne n'avais quasiment rien retenu de ce que j'avais lu.
Dans quelque temps, je replongerai dans cet opus pour en faire une chronique qui ressemble un minimum à quelque chose.
Mais fort heureusement, cela ne m'a absolument pas empêché de suivre ce dernier tome.

Nous retrouvons derechef notre duo, Griffont et Isabel, pour de nouvelles aventures.

Un mystérieux gnome noir est assassiné non loin de l'habitation d'Isabel. Son poignet est marqué d'un étrange symbole.
Le Cercle Cyan se retrouve dans une situation difficile. Un de ses jeunes membres est soupçonné d'être mêlé à la disparition et au meurtre d'un membre d'un cercle rival - le Cercle Incarnat - avec qui il devait se battre en duel pour des raisons, somme toute, équivoques. Notre mage préféré ayant été choisi comme témoin par son pair et tenant à aider un ami, se retrouve également impliqué, ce qui le met dans une situation délicate car cette affaire risque de compromettre son entrée au Parlement des Fées.

Isabel est victime d'un attentat au pied de la tour Eiffel revendiqué par un groupe terroriste bannit de l'OutreMonde qui milite et menace le pouvoir en place depuis la Terre.

Les évènements s'enchaînent, des interrogations restent en suspens mais petit à petit tout commence à se délier, à se regrouper et à se mettre en place.

Nous en apprenons un peu plus concernant le passé de la Baronne, sur les circonstances de son exclusion du Royaume des Fées ainsi que sur le lourd secret qui s'y rattache. Tout ici est histoire de manipulation, de politique, d'ambition mal intentionnée et de vengeance.

J'avoue avoir été moins transportée par ce dernier volume même s'il nous réserve encore quelques belles surprises, que l'action et les rebondissements ne manquent pas.
Pour ma part, le charme a été un peu rompu. Je trouve ce tome moins "merveilleux", moins instructif aussi. De brefs passages du livre m'ont fait ressentir ce petit frémissement que j'avais eu en découvrant cette atmosphère incroyable mais ils furent minimes.

Certains personnages, qui donnaient une réelle profondeur à cet univers, sont mis à l'écart sans réelles raisons, comme si l'auteur voulait s'en défaire, sans trop savoir comment, pour se concentrer uniquement sur les principaux protagonistes. D'autres font leur apparition mais n'apportent pas grand chose de plus à l'histoire. Je trouve cela dommage. Toujours aussi bien écrit, Le Royaume Immobile n'en reste pas moins palpitant et j'ai tout de même passé un agréable moment de lecture.


dimanche 12 juillet 2015

Princesse Sara, Tome 1: Pour une mine de diamants

Auteur: Audrey Alwett
Illustrations: Nora Moretti
Editions: Soleil
Collection: Sol. Blackberry
Parution: 27 avril 2011
Pages: 48 pages
Prix: 10.95 EUR

Quatrième de couverture:

Sara a toujours vécu aux Indes, lorsque son père l'envoie parfaire son éducation en Angleterre dans le pensionnat sélect de Miss Minchin.

Immensément riche, grâce à une fortune bâtie sur les automates, Sara suscite rapidement amitiés et jalousies. Les haines s'attisent d'autant plus que Sara a pour elle toutes les qualités d'une princesse. Jusqu'au jour où son père décide d'investir sa fortune dans une mystérieuse mine de diamants...

Mon avis:

Petite fille, j'attendais le dimanche matin - le mercredi également pour le Club Dorothée ;-) - avec grande impatience pour pouvoir regarder à la télévision un dessin animé que j'affectionnais beaucoup: Princesse Sara.

Quand j'ai découvert, il y a quelque temps, une bande dessinée homonyme, ma curiosité a pris le dessus et je n'ai pu m'empêcher d'acquérir le premier tome en espérant y retrouver l'histoire de mon enfance. Pourtant, je ne suis vraiment pas amatrice de BD, mis à part peut être Astérix. Nostalgie quand tu nous tiens ! Le dessin animé ainsi que cette BD sont eux-mêmes inspirés de l'histoire écrite par Frances Hodgon Burnett que je ne connais pas par-contre.

Ce fut une très bonne surprise de constater que c'était bien la même histoire. Enfin, il y a tout de même quelques petits détails qui changent. Nous entrons ici dans un univers steampunk - en ce moment, il faut croire que j'y suis abonnée - où des automates font partie intégrante de la vie quotidienne. Certains noms de personnages ne sont également pas tout à fait les mêmes; Ms Minchin s'appelait, si mes souvenirs sont bons, Mlle Mangin et sa sœur est ici un des fameux automates domestiques qui lui sert d'aide à la pension.

Sara Crewe est une jeune fille de 11 ans originaire des Indes britanniques, issue d'une famille d'industriels à la tête d'une compagnie leader dans la fabrication d'automates domestiques. Elle vient d'arriver à Londres avec son père pour intégrer un pensionnat de jeunes filles afin de parfaire son éducation.

Sara est très riche, douce, intelligente, cultivée, pleine d'imagination, intègre et très altruiste. Forcément, son entrée à la pension de Ms Minchin suscite des jalousies notamment envers Lavinia qui était, avant son arrivée, l'élève modèle. Même si Nelly Olsen (cf. la Petite Maison dans la prairie) est un ange en comparaison, je peux comprendre l'exaspération de Lavinia face à cette nouvelle rivale. Je me souviens que, déjà à l'époque, Sara avait tendance quelques fois à, pardonnez-moi l'expression, me taper sur le système tellement sa perfection était poussée à l'extrême, au point que cela en devenait peu crédible.

Bref, son père repart s'occuper de ses affaires dans la colonie britannique mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu.

Ce premier tome reprend vraiment le début des aventures de Sara, son intégration, les liens qu'elle commence à créer avec certaines de ses camarades et autres domestiques. Les planches graphiques sont très bien faites et je trouve leur représentation bien plus attrayantes que celle du dessin animé.

J'ai apprécié ici les petites réflexions mentales de Sara qui la rendent un peu moins parfaite et un peu moins naïve. Le caractère hypocrite et détestable de Ms Minchin est beaucoup plus marqué donc plus intéressant à mon sens. 
  
Bien que j'ai éprouvé un réel plaisir à retrouver cet univers, je ne suis pas sûre de continuer à suivre cette série, n'étant plus autant touchée qu'autrefois. Peut être qu'en cas d'humeur nostalgique, j'acquerrai de temps en temps la suite. Par contre, je le conseille à toute jeune fille pré-adolescente car c'est une très belle bande dessinée.