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vendredi 2 octobre 2015

Tous nos jours parfaits

Auteur: Jennifer Niven
Titre VO: All the Bright Places
Traduction: Vanessa Rubio-Barreau
Éditions: Gallimard jeunesse
Collection: Grand format littérature
Parution: 17 septembre 2015
Pages: 384 pages 

Quatrième de couverture:

Post-it 1: Je voudrais te poser une question. Crois-tu que ça existe, un jour parfait?
Post-it 2: J'envoie un message à Violet: "Tu es toutes les couleurs en une, à leur maximum d'éclat."
Post-it 3: T'es vraiment bizarre, Finch. Mais c'est le truc le plus mignon qu'on m'ait jamais dit.





Mon avis:


J'ai failli vous conseiller juste d'aller lire ce livre car je ne sais pas trop quoi vous dire d'autre. Cette chronique est celle que j'ai eue le plus de mal à écrire jusqu'à présent, tellement je suis bouleversée par cet ouvrage, tellement il a laissé une marque profonde en moi.

Ce récit est un ouragan d'émotions qui ne peut pas vous laisser indifférents. Il parle d'un sujet très difficile mais avec une telle poésie, une telle puissance que vous vous retrouvez saisis dès les premières lignes. Pour certains, il va parler à votre place, pour d'autres, il va permettre d'essayer de comprendre ce qui est impossible de savoir si vous n'êtes pas, d'une manière ou d'une autre, dans un état d'esprit similaire. 
J'étais à mille lieues de me douter que j'allais me prendre une telle claque en me plongeant dans cette histoire.

Cette histoire magnifique est écrite d'une manière magnifique. Cette histoire est triste. Cette histoire parle d'amour, d'un amour pur, gratuit. Cette histoire parle d'âmes brisées, d'êtres pris dans les affres du désespoir vers lesquels l'entourage et la vie peuvent nous plonger. Cette histoire est le reflet de ce que les afflictions conduisent à faire.

C'est le sacrifice par amour le plus pur. C'est l'aide d'un être qui va sauver la personne qu'il aime au détriment de sa fin à lui car, dans tous les cas, il se sait perdu et n'attend qu'une chose, la Libération finale. C'est la douleur qu'engendre le jugement permanent, c'est la destruction par les autres à vouloir vous façonner à leur image, à vous coller une étiquette. Ce sont les voiles que nous nous mettons devant les yeux afin de ne pas voir, par pur égocentrisme, ce qui est évident.

Regardons autour de nous, laissons en paix ceux qui ne nous ont rien demandé, arrêtons de juger alors que nous ne sommes pas un exemple de perfection. Arrêtons de profiter de la fragilité des autres afin de combler nos propres frustrations.

Je n'arrive pas à en dire plus. Tous nos jours parfaits va au-delà du coup de cœur. Lisez-le !...

vendredi 11 septembre 2015

L'Appel du Coucou


Auteur: Robert Galbraith
Titre VO: The Cuckoo's Calling
Traduction: 
Édition: Le Livre de Poche
Collection: Policier / Thriller
Parution: 15 octobre 2014
Pages: 696 pages
Prix: 8.30 Euros

Quatrième de couverture:

Lorsque le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée, dans un quartier chic londonien, l'affaire est vite classée. Suicide. Jusqu'au jour où John Bristow, le frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike. Cet ex-lieutenant de l'armée, revenu d'Afghanistan amputé d'une jambe, est au bout du rouleau: sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée, un naufrage. Aidé par une jeune intérimaire finaude, virtuose de l'Internet, il reprend l'enquête. De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock stars, Strike va passer de l'autre côté du miroir glamour de la mode et du people pour plonger dans un gouffre de secrets, de trahisons, de manœuvres inspirées par la vengeance.

Mon avis:

Troisième tentative, troisième style littéraire différent et cette fois c'est officiel, Madame Rowling je vous aime. Oui, je vous aime d'amour...tout du moins, vos récits! Je pense ne rien vous apprendre en vous disant que l'auteur qui se cache derrière le pseudonyme de Robert Galbraith  est en fait la Grande, l'Immense J.K. Rowling.

Vous aimez les bonnes intrigues à l'anglaise ? Vous aimez les enquêteurs charismatiques, marginaux et singuliers ? Vous aimez les duos à la Sherlock et Watson ? Je crois que ce roman est fait pour vous.

Fils irlandais illégitime d'une rock-star, ancien lieutenant de la police militaire britannique, Cormoran Strike est marqué par les stigmates de la guerre. Reconverti en détective privé, sa vie professionnelle est au point mort tout autant que sa vie privée qui part à vau-l'eau. La banqueroute le guette, ses créanciers commencent à s'impatienter, le gouffre s'agrandit.
Un matin, une jeune intérimaire, Robin, frappe à sa porte alors qu'il ne l'attendait pas. Un client également. Enfin! John Landry, avocat de son état, missionne notre détective pour enquêter sur le décès de sa sœur, mannequin vedette international, morte par suicide selon l'enquête officielle quatre mois plus tôt.
Cormoran s'attèle à la tâche avec une détermination sans borne afin d'éclaircir cette affaire.

Que vous dire de ce roman ? C'est du très très bon. Je pense que vous l'aurez compris (si si, c'est indiqué un peu plus haut à droite).

Déjà, j'ai adoré la personnalité de notre détective. Introverti, pudique, cérébral, entier, il est le genre de personne qui vous met à nu par son simple sens de l'observation et de déduction. Il n'est pas du style à se dévoiler. Il y a juste un moment où, ayant un peu trop abusé de l'alcool, il devient un peu plus loquace concernant sa vie privée. Et franchement, ce passage, je l'ai trouvé extraordinaire. C'était touchant, émouvant et drôle. J'étais pleine d'émotions de voir cette armoire à glace, que l'on s'imagine imperturbable, être en souffrance et laisser ses émois sortir malgré lui.

Avec Robin, ils forment un duo parfait. Une équipe totalement en osmose. Ils sont tellement complémentaires que la communication se fait à demi-mot. Robin est l'assistante que tout patron rêverait d'avoir et sincèrement, petit aparté, je devrais prendre exemple sur elle professionnellement  parlant ;-). Bref, bref, bref, revenons à nos moutons, je m'égare.

J'arpentais la cité de Londres au travers des pages. Je m'imbibais de son atmosphère si particulière que j'aime tant. Je marchais dans chaque rue, je traversais chaque quartier comme si j'y étais. Je m'imprégnais du moindre détail, je me délectais de toutes les descriptions. Mon petit cœur n'arrêtait pas de battre et je ressentais les papillons dans mon ventre à chaque pas posé dans cette capitale absolument unique.

Par contre, l'envers du décors du monde dans lequel nous sommes ici plongés, empli de strasses et de paillettes, nous est joliment jeté à la figure. Alors, pour tous ceux qui croient encore en cette belle utopie, je vous laisse déguster sans modération toute l'hypocrisie, les manipulations, les jalousies, les destructions corporelles et spirituelles qu'engendre cet univers qui, personnellement, me donne des hauts le cœur. Les beaux quartiers renferment parfois les pires esprits.

L'enquête est finement menée, tout protagoniste nous paraît suspect, notre esprit se retrouve par moment bien embrouillé. De mon côté, je pars toujours du principe que le coupable est celui que l'on soupçonne le moins, alors au bout d'un moment j'ai eu une petite idée sur ce qui a pu se produire, puis je ne fus plus sûre de rien.

Je ne vous reparle pas de l'écriture parfaite de l'auteur au risque de paraître un peu trop instante sur le sujet...

Les férus de ce genre littéraire vous diront peut être le contraire, mais si vous êtes comme moi, que vous aimez vous lancer dans un polar avec parcimonie, je ne peux que vous conseiller L'appel du Coucou. Ce livre reprend les bases classiques du genre. C'est un vrai délice de se lancer dans cette enquête bien pensée, qui vous tient en haleine jusqu'au bout et qui ne se contente pas de suivre son fil conducteur mais creuse également une belle psychologie des personnages. Un roman policier so British comme je les affectionne !

samedi 22 août 2015

Calpurnia

Auteur: Jacqueline Kelly
Titre VO: The Evolution of Calpurnia Tate
Traduction: Diane Ménard
Édition: L'école des loisirs
Collection: Médium poche
Parution: 4 mars 2015
Pages: 495 pages
Prix: 8.80 Euros


Quatrième de couverture:

Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l'été, elle s'interroge sur le comportement des animaux autour d'elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums. Aidée de son grand-père, un naturaliste fantasque et imprévisible, elle note dans son carnet d'observation tout ce qu'elle voit et se pose mille questions. Pourquoi, par exemple, les chiens ont-ils des sourcils? Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes? On est dans le comté de Caldwell, aux Texas, en 1899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes quant à ses découvertes, elle affirme sa personnalité au milieu de ses six frères et se conforte aux difficultés d'être une jeune fille à l'aube du XXème siècle. Apprendre la cuisine, la couture et les bonnes manières, comme il se doit, ou se laisser porter par sa curiosité insatiable? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté?


Mon avis:

Comment vous dire à quel point ce roman m'a fait vibrer? Comment trouver les bons mots pour vous exprimer toute la beauté et la richesse que renferment ces pages? Ce livre est un vrai petit bijou et mon cœur s'emballe encore rien que d'y penser.
C'est le genre d'histoire qui vous enveloppe de douceur, qui vous transporte à mille lieux de votre quotidien. Elle fait partie de ces récits que vous souhaiteriez ne jamais voir se terminer.

Calpurnia Virginia Tate est l'unique figure féminine d'une fratrie de 7 enfants. Elle a 11 ans et vit avec sa famille, cultivatrice de coton et de Pacaniers au Texas.
L'été 1899 est particulièrement caniculaire. Callie observe la vie qui grouille autour d'elle; les insectes, les animaux, la nature. Elle commence à s'interroger sur les différences entre les espèces, sur leurs particularités, sur l'évolution de la vie...Personne ne peux l'aider à répondre à certains de ses questionnements. Si, pardon, une personne, mais tellement mystérieuse, intimidante, fantasque et singulière! Son grand-père. Prenant son courage à deux mains, elle décide d'affronter ses craintes et d'approcher cet homme bourru qui,  malgré le fait de partager son quotidien, lui est totalement inconnu.
A partir de ce moment, la vie de notre petite héroïne va être complètement bouleversée. 

En parallèle, l'évolution du monde est en marche. L'entrée dans un nouveau siècle se prépare. C'est l'époque où le chemin de fer étend son immense toile jusque dans les coins les plus reculés, où l'automobile devient un objet de convoitise, où le téléphone révolutionne la communication, où le Coca-Cola commence à entreprendre sa conquête des territoires.
Prise entre un monde imprégné de traditions et un monde qui tend vers la modernité, Calpurnia désire plus que tout devenir naturaliste. Malheureusement, elle se voit contrainte à être destinée à se parfaire dans les arts ménagers qu'elle exècre plus que tout.
Au grand dam de sa mère, Calpurnia s'entête, son esprit s'affine; elle découvre Darwin, les œuvres de Dickens ou encore de Melville. Sa curiosité devient plus pressante. Arrivera-t-elle à convaincre et imposer sa volonté à force d'acharnement ?

J'ai adoré chaque personnage de ce récit. Tous, sans exception, m'ont rempli le cœur.
Je fut complètement immergée dans cette histoire, j'avais vraiment l'impression de faire partie de cette famille, ô combien attachante! C'est marrant, mais dès que j'ouvrais ce livre, j'avais la sensation d'entendre les stridulations des grillons et des criquets. Vous savez, quand tout est calme, que la chaleur est harassante et que vous êtes posés là, au milieu de la nature, en complète harmonie avec ce qui vous entoure.
C'est un livre intelligent, drôle, émouvant, dans lequel l'auteur aborde aussi bien des points d'Histoire, de Science, d’Éducation, de Féminisme, de Respect et j'en passe. Il nous amène à la curiosité, à vouloir creuser plus loin les thèmes abordés. Et tout est fait d'une manière si délicate!
Ce livre, je le conseille à tous, aussi bien petits et grands. Il fait partie de ces récits que vous gardez bien précieusement dans votre bibliothèque car vous allez le lire et le relire, vous voudrez le partager et le faire découvrir à ceux qui vous entourent.

A ma plus grande joie, j'ai découvert que les aventures de Calpurnia ne s'arrêtent pas là. Un second livre est déjà sorti en VO. J'attends son arrivée chez nous avec grande impatience!

samedi 8 août 2015

Une place à prendre

Auteur: J.K. Rowling
Titre VO: The Casual Vacancy
Traduction:
Édition: Le Livre de Poche
Parution: 2 octobre 2013
Pages: 792 pages
Prix: 8.60 Euros

Quatrième de couverture:

Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique.
Un notable meurt. Sa place est à prendre...
Comédie de moeurs, tragédie teintée d'humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce formidable roman confirme le talent d'un écrivain prodige.





Mon avis:

J'ai très longtemps hésité à me lancer dans ce roman car, comment dire...étant une inconditionnelle amoureuse (comme la moitié de la planète et de l'univers même, je pense) de la saga Harry Potter, j'appréhendais énormément d'être déçue par ce que pouvait nous proposer J.K. Rowling dans un tout autre registre. D'autant plus que les avis sont vraiment partagés. Attention, roulement de tambour....Tada! Je fais partie du clan "Pour" ! Oui, cent fois oui! Je n'irais pas jusqu'à dire que ma lecture fut un coup de cœur, parce que deux ou trois petites choses m'ont dérangée, mais sincèrement ce premier roman adulte est E.X.C.E.L.L.E.N.T. !

Barry Fairbrother, membre illustre du Conseil Paroissial de la petite commune du sud de l'Angleterre de Pagford décède d'une rupture d'anévrisme. Ce malheur engendre une myriade d'évènements concernant son héritage politique et déchaîne les passions quant à la place qu'il laisse vacante. La communauté se divise essentiellement autour d'un combat qui lui tenait particulièrement à cœur, l'avenir d'un quartier défavorisé pris en étau entre deux localités qui ne veulent pas ou plus en assumer la charge. Les détracteurs du défunt s'en donnent à cœur joie pour tenter d'anéantir tout ce pour quoi il s'est battu tout au long son existence. La conquête du pouvoir est lancée.

Nous suivons la vie de plusieurs familles, toutes plus différentes les unes que les autres. Nous nous incrustons dans l'intimité la plus profonde, voir la plus perfide de ces êtres qui, pour un œil non averti, constituent la communauté d'une localité presque idyllique. Nous grattons à l'extrême cette fange humaine afin d'en extraire l'épaisse couche de crasse, le grotesque, l'hypocrisie et le désarroi qui caractérisent cette satyre sociale moderne terriblement acérée.

Personne n'est exempté. Tous sont ébranlés, écorchés, bafoués voir humiliés. Nous fréquentons des âmes crues, viles, souvent dénuées de conscience, tout en gardant une notion de relativité pour certaines. Et croyez-moi, les plus jeunes ne nous laissent pas en reste. D'aucuns parviennent à s'en sortir et apprennent de leurs erreurs alors que d'autres sombrent dans la déchéance la plus totale. Parfois le destin s'acharne, parfois il devient clément. Mais une chose est sûre, pas un n'en ressort entièrement indemne.

Je suis en totale admiration devant la capacité de J.K. Rowling à nous immerger de cette manière dans son univers. Je ne sais pas quel est son secret pour réussir à quasiment nous faire palper ses mots, à nous engloutir entre les pages de ses récrits.

Mais, comme énoncé en introduction, il y a tout de même deux petites choses que je reproche à ce livre. Premièrement, je fus perdue au début par le flux important de personnages. Il m'a fallu un petit temps d'adaptation pour savoir qui était qui, comprendre les liens entre chacun.
Seconde chose, je trouve vraiment que trop de vulgarité et de grossièreté ressortent des dialogues. Sincèrement, pour certaines, je pouvais comprendre, mais je n'imagine pas autant de personnes avoir un vocabulaire de charretier aussi conséquent. Je ne pense pas que cela aurait amenuisé la force du récit si le langage usité avait été plus modéré dans certains cas.

Cette lecture n'en reste pas moins, bien au contraire, captivante. Même si j'ai réussi à trouver qu'un seul protagoniste plutôt sympathique, Kay Bawden, les autres ayant été pour moi absolument abjectes ou m'ont laissée indifférente, l'épilogue m'a fait pleurer (en plus j'étais dans un train...Vive les lunettes de soleil, elles peuvent vous épargner des situations bien délicates !). J.K. Rowling montre, une fois de plus, l'étendue de son talent et ce, quel que soit le style littéraire choisi. J'ai actuellement dans ma pile à lire le premier tome de ses romans policiers L'appel du Coucou qu'il me tarde vraiment de découvrir. Affaire à suivre...