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vendredi 2 octobre 2015

Tous nos jours parfaits

Auteur: Jennifer Niven
Titre VO: All the Bright Places
Traduction: Vanessa Rubio-Barreau
Éditions: Gallimard jeunesse
Collection: Grand format littérature
Parution: 17 septembre 2015
Pages: 384 pages 

Quatrième de couverture:

Post-it 1: Je voudrais te poser une question. Crois-tu que ça existe, un jour parfait?
Post-it 2: J'envoie un message à Violet: "Tu es toutes les couleurs en une, à leur maximum d'éclat."
Post-it 3: T'es vraiment bizarre, Finch. Mais c'est le truc le plus mignon qu'on m'ait jamais dit.





Mon avis:


J'ai failli vous conseiller juste d'aller lire ce livre car je ne sais pas trop quoi vous dire d'autre. Cette chronique est celle que j'ai eue le plus de mal à écrire jusqu'à présent, tellement je suis bouleversée par cet ouvrage, tellement il a laissé une marque profonde en moi.

Ce récit est un ouragan d'émotions qui ne peut pas vous laisser indifférents. Il parle d'un sujet très difficile mais avec une telle poésie, une telle puissance que vous vous retrouvez saisis dès les premières lignes. Pour certains, il va parler à votre place, pour d'autres, il va permettre d'essayer de comprendre ce qui est impossible de savoir si vous n'êtes pas, d'une manière ou d'une autre, dans un état d'esprit similaire. 
J'étais à mille lieues de me douter que j'allais me prendre une telle claque en me plongeant dans cette histoire.

Cette histoire magnifique est écrite d'une manière magnifique. Cette histoire est triste. Cette histoire parle d'amour, d'un amour pur, gratuit. Cette histoire parle d'âmes brisées, d'êtres pris dans les affres du désespoir vers lesquels l'entourage et la vie peuvent nous plonger. Cette histoire est le reflet de ce que les afflictions conduisent à faire.

C'est le sacrifice par amour le plus pur. C'est l'aide d'un être qui va sauver la personne qu'il aime au détriment de sa fin à lui car, dans tous les cas, il se sait perdu et n'attend qu'une chose, la Libération finale. C'est la douleur qu'engendre le jugement permanent, c'est la destruction par les autres à vouloir vous façonner à leur image, à vous coller une étiquette. Ce sont les voiles que nous nous mettons devant les yeux afin de ne pas voir, par pur égocentrisme, ce qui est évident.

Regardons autour de nous, laissons en paix ceux qui ne nous ont rien demandé, arrêtons de juger alors que nous ne sommes pas un exemple de perfection. Arrêtons de profiter de la fragilité des autres afin de combler nos propres frustrations.

Je n'arrive pas à en dire plus. Tous nos jours parfaits va au-delà du coup de cœur. Lisez-le !...

samedi 26 septembre 2015

L'infini + un

Auteur: Amy Harmon
Titre VO: Infinity + one
Traduction: Fabienne Vidallet
Edition: Robert Laffont
Collection: R
Parution: 16 septembre 2015
Pages: 430 pages

Quatrième de couverture:

Bonnie Rae Shelby, superstar mondiale, a tout pour elle: l'argent, la beauté, la gloire et...l'envie d'en finir avec la vie.
Finn Clyde, lui, n'est rien et ne possède rien, à part son intelligence et son cynisme à toute épreuve. La seule chose qu'il demande: qu'on lui donne enfin sa chance.
Une main tendue et quelques coïncidences plus loin, et les voilà engagés dans un périple qui pourrait les transformer aussi bien que les anéantir.



Mon avis:

A la fin du dernier concert de sa tournée, Bonnie, chanteuse Country à succès, s'enfuit et se retrouve sur le garde-fou d'un pont à Boston prête à sauter. Un jeune homme, devinant ses intentions, s'arrête et tente de la raisonner. Afin d'échapper à son quotidien et à ses souffrances, la jeune chanteuse prend la route accompagnée de son sauveur et ils entament un road trip à travers tous les Etats-Unis.

Ce livre est, pour moi, une catastrophe. Rien n'est crédible du début à la fin.

Le personnage de Bonnie est tout simplement insupportable et idiot. Cette fille est capricieuse, elle ne réfléchit à rien. On a l'impression qu'elle fait exprès de se mettre dans des situations impossibles et ça ne la dérange absolument pas, bien au contraire, cela l'amuse même, de mettre en danger son entourage.

Finn quant à lui, n'est pas mieux loti. Bonnie l'agace au plus haut point mais il en redemande. Il n'a aucune personnalité, il obéit au doigt et à l’œil, il a passé sa vie à se faire écraser par les autres et il faut croire qu'il aime ça. A part se plaindre et râler il ne fait pas grand chose d'autre. Il se laisse faire pour tout, ne cherche jamais à se défendre.  Il a conscience des risques encourus et des répercussions de leurs actes mais c'est pas grave, continuons comme ça, de toute façon il n'y a pas d'autres solutions...WTF??!!

Leur situation n'est pas crédible. Ils tombent fou amoureux l'un de l'autre au bout de deux jours, alors qu'elle a peur de lui et que Finn n'attend qu'une chose, c'est de pouvoir se débarrasser de Bonnie afin de continuer sa route tout seul et de ne pas risquer de retourner en prison. Les coïncidences de leur vie ne sont pas crédibles, leurs émois ne m'ont absolument pas touchée car ils ont été mal exploités et mal retranscrits.

D'accord, ils sont jeunes et insouciants, mais la jeunesse n'est pas synonyme de stupidité, je suis désolée.

La tournure des événements n'est pas crédible. La grand mère de Bonnie n'est pas crédible, bref, rien n'est crédible. 

Les seules choses que j'ai appréciées dans ce livre, ce sont les références à Bonnie and Clyde, les vrais hein, soyons clairs.

Voilà, malheureusement, je n'ai pas grand chose à dire de plus sur cette lecture qui ne m'a absolument pas transportée, et dont j'ai trouvé l'écriture fade et sans intérêt. 

Carnaval

Auteur: Ray Celestin
Titre VO: The Axeman's Jazz
Traduction: Jean Szlamowicz
Edition: Le Cherche Midi
Collection: Thriller
Parution: 14 mai 2015
Pages: 492 pages


Quatrième de couverture: 

Au coeur du Sud profond, La Nouvelle-Orléans, construite sur des marécages en dessous du niveau de la mer, a toujours été aux prises avec tornades, inondations et épidémies de toutes sortes. La nature du sol en fait une cité qui s'affaisse, où les morts ne peuvent être enterrés. Alligators, serpents, araignée hantent ses marais. Nombre de menaces ont toujours plané au-dessus de la ville. Et pourtant...
Lorsqu'en 1919 un tueur en série s'attaque à ses habitants en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le Vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l'agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D'Andrea, vont tenter de résoudre l'affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets...Alors qu'un ouragan s'approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continu à sévir. Le chaos est proche.

Mon avis:

Est-ce que l'année 1888 vous dit quelque chose? Non?! Whitechapel alors? Ah, ça y est, vous commencez à situer. Oui, un des plus célèbres tueurs en série de tout les temps, je parle bien évidemment de Jack l'Éventreur. Jack the Ripper éventra, éviscéra de façon tout à fait démoniaque cinq prostitués, entre le mois d'août 1888 et le mois de novembre de la même année.

Alors maintenant, vous vous transportez outre-Atlantique pour arriver à la Nouvelle-Orléans, trente ans plus tard. Vous visualisez? Alors, pour une fois, je vous demande de remonter un peu et de vous pencher sur la quatrième de couverture, qui est très explicite. Oui, je sais, je suis un peu fainéante aujourd'hui mais j'assume ;-). Là, vous allez me dire "mais quel est le lien avec Jack l’Éventreur?" à vrai dire...aucun, mise à part qu'ils ont tous deux terrorisés des populations entières. Ils continuent, encore aujourd'hui, à titiller l'imaginaire populaire et à déchaîner les passions quant à découvrir, enfin, qui pourrait se cacher derrière le masque de ces monstres.
Au moins huit meurtres sont attribués au Tueur à la Hache, également appelé The Axeman's Jazz (une chanson lui à même été consacrée), entre 1918 et 1919. Selon une lettre qu'il a directement adressée à un journal local, il prétendait d'épargner quiconque écoutait du jazz. Il signait ses crimes en laissant près de ses victimes une carte de tarot.

Il y a beaucoup de choses que j'ai appréciées dans cette histoire.

Déjà, l'auteur se base sur un véritable fait divers. Cela procure la sensation que le fantôme du psychopathe, sur lequel l'histoire est basée, vient encore hanter nos cauchemars.

Le lieu. L'ambiance particulière qui se dégage de la Nouvelle-Orléans est, selon l'image que je m'en fais, unique en son genre, remplie de musique, de mélange ethnique, de mystère et de magie. Ici, les descriptions de la ville sont extraordinaires, jusqu'aux odeurs que l'on arrive à sentir à travers les pages.

Le rythme de l'histoire. Bien cadencé, les chapitres sont courts ce qui nous permet de suivre la progression de chacun des protagonistes les uns après les autres ou en parallèle.

La narration. Elle se veut quasi scénaristique. J'eus l'impression de suivre un film plutôt qu'un livre.
Certaines scènes vraiment peu ragoûtantes, genre vous avez l'estomac légèrement retourné, vous apparaissent devant les yeux comme si vous y étiez. Bon après, ça va hein, ce n'est pas non plus la boucherie permanente, cela reste assez raisonnable.
J'ai effectué quelques petites recherches pour me renseigner sur l'auteur et j'ai découvert que Ray Celestin est scénariste, alors forcément ceci explique cela.

Les personnages. Ils ne sont pas caricaturés, ils sont bien pensés, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs forces et leurs faiblesses, leur détermination, leurs craintes et leurs certitudes.

L'intrigue. Elle prend son temps, elle évolue en rythme suffisant pour nous permettre de bien appréhender les protagonistes et de nous impliquer nous-même dans cette investigation. Je l'ai trouvée en rythme avec son époque. L'originalité du livre tient aussi du fait que l'enquête n'évolue pas selon un seul schéma, mais selon trois. En plus de vouloir découvrir le fin mot de l'histoire, nous avons envie de savoir qui va parvenir à résoudre cette affaire.

La petite note fantaisiste de Ray Celestin. Il a fait de Louis Armstrong un des principaux protagonistes et je ne sais pas, cela a fait flotter un petit air de jazz omniprésent et bien plaisant tout au long de l'histoire.

Carnaval ne se contente pas d'être un thriller prenant, c'est un thriller historique qui nous permet de nous fondre dans la Nouvelle-Orléans des années 20', de découvrir les problèmes de ségrégation raciale, de l'impacte de certaines croyances et des craintes qu'elles peuvent susciter à cause de leur mauvaise connaissance, de la rivalité ethnique, de racisme, d'intolérance, de l'emprise de la mafia ainsi que les guerres de pouvoirs et de manipulations qu'elle engendre.

Ce livre original m'a fait passé un très bon moment de lecture et de détente.

vendredi 11 septembre 2015

L'Appel du Coucou


Auteur: Robert Galbraith
Titre VO: The Cuckoo's Calling
Traduction: 
Édition: Le Livre de Poche
Collection: Policier / Thriller
Parution: 15 octobre 2014
Pages: 696 pages
Prix: 8.30 Euros

Quatrième de couverture:

Lorsque le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée, dans un quartier chic londonien, l'affaire est vite classée. Suicide. Jusqu'au jour où John Bristow, le frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike. Cet ex-lieutenant de l'armée, revenu d'Afghanistan amputé d'une jambe, est au bout du rouleau: sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée, un naufrage. Aidé par une jeune intérimaire finaude, virtuose de l'Internet, il reprend l'enquête. De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock stars, Strike va passer de l'autre côté du miroir glamour de la mode et du people pour plonger dans un gouffre de secrets, de trahisons, de manœuvres inspirées par la vengeance.

Mon avis:

Troisième tentative, troisième style littéraire différent et cette fois c'est officiel, Madame Rowling je vous aime. Oui, je vous aime d'amour...tout du moins, vos récits! Je pense ne rien vous apprendre en vous disant que l'auteur qui se cache derrière le pseudonyme de Robert Galbraith  est en fait la Grande, l'Immense J.K. Rowling.

Vous aimez les bonnes intrigues à l'anglaise ? Vous aimez les enquêteurs charismatiques, marginaux et singuliers ? Vous aimez les duos à la Sherlock et Watson ? Je crois que ce roman est fait pour vous.

Fils irlandais illégitime d'une rock-star, ancien lieutenant de la police militaire britannique, Cormoran Strike est marqué par les stigmates de la guerre. Reconverti en détective privé, sa vie professionnelle est au point mort tout autant que sa vie privée qui part à vau-l'eau. La banqueroute le guette, ses créanciers commencent à s'impatienter, le gouffre s'agrandit.
Un matin, une jeune intérimaire, Robin, frappe à sa porte alors qu'il ne l'attendait pas. Un client également. Enfin! John Landry, avocat de son état, missionne notre détective pour enquêter sur le décès de sa sœur, mannequin vedette international, morte par suicide selon l'enquête officielle quatre mois plus tôt.
Cormoran s'attèle à la tâche avec une détermination sans borne afin d'éclaircir cette affaire.

Que vous dire de ce roman ? C'est du très très bon. Je pense que vous l'aurez compris (si si, c'est indiqué un peu plus haut à droite).

Déjà, j'ai adoré la personnalité de notre détective. Introverti, pudique, cérébral, entier, il est le genre de personne qui vous met à nu par son simple sens de l'observation et de déduction. Il n'est pas du style à se dévoiler. Il y a juste un moment où, ayant un peu trop abusé de l'alcool, il devient un peu plus loquace concernant sa vie privée. Et franchement, ce passage, je l'ai trouvé extraordinaire. C'était touchant, émouvant et drôle. J'étais pleine d'émotions de voir cette armoire à glace, que l'on s'imagine imperturbable, être en souffrance et laisser ses émois sortir malgré lui.

Avec Robin, ils forment un duo parfait. Une équipe totalement en osmose. Ils sont tellement complémentaires que la communication se fait à demi-mot. Robin est l'assistante que tout patron rêverait d'avoir et sincèrement, petit aparté, je devrais prendre exemple sur elle professionnellement  parlant ;-). Bref, bref, bref, revenons à nos moutons, je m'égare.

J'arpentais la cité de Londres au travers des pages. Je m'imbibais de son atmosphère si particulière que j'aime tant. Je marchais dans chaque rue, je traversais chaque quartier comme si j'y étais. Je m'imprégnais du moindre détail, je me délectais de toutes les descriptions. Mon petit cœur n'arrêtait pas de battre et je ressentais les papillons dans mon ventre à chaque pas posé dans cette capitale absolument unique.

Par contre, l'envers du décors du monde dans lequel nous sommes ici plongés, empli de strasses et de paillettes, nous est joliment jeté à la figure. Alors, pour tous ceux qui croient encore en cette belle utopie, je vous laisse déguster sans modération toute l'hypocrisie, les manipulations, les jalousies, les destructions corporelles et spirituelles qu'engendre cet univers qui, personnellement, me donne des hauts le cœur. Les beaux quartiers renferment parfois les pires esprits.

L'enquête est finement menée, tout protagoniste nous paraît suspect, notre esprit se retrouve par moment bien embrouillé. De mon côté, je pars toujours du principe que le coupable est celui que l'on soupçonne le moins, alors au bout d'un moment j'ai eu une petite idée sur ce qui a pu se produire, puis je ne fus plus sûre de rien.

Je ne vous reparle pas de l'écriture parfaite de l'auteur au risque de paraître un peu trop instante sur le sujet...

Les férus de ce genre littéraire vous diront peut être le contraire, mais si vous êtes comme moi, que vous aimez vous lancer dans un polar avec parcimonie, je ne peux que vous conseiller L'appel du Coucou. Ce livre reprend les bases classiques du genre. C'est un vrai délice de se lancer dans cette enquête bien pensée, qui vous tient en haleine jusqu'au bout et qui ne se contente pas de suivre son fil conducteur mais creuse également une belle psychologie des personnages. Un roman policier so British comme je les affectionne !

samedi 29 août 2015

Le Passage du Diable

Auteur: Anne Fine
Titre VO: The Devil Walks
Traduction: Dominique Kugler
Édition: L'école des Loisirs
Collection: Médium poche
Parution: 8 avril 2015
Pages: 220 pages
Prix: 7.80 Euros

Quatrième de couverture:

Depuis son plus jeune âge, Daniel Cunningham a vécu enfermé, avec pour seule compagnie les livres et sa mère - qui l'a gardé reclus, à l'écart du monde extérieur, et qui n'a cessé de lui répéter qu'il était malade. Un jour, des coups frappés à la porte vont tout changer.
Des voisins ont découvert son existence, et résolu de libérer Daniel de l'emprise de sa mère. Pris en charge par le docteur Marlow et sa famille, il va découvrir peu à peu que tout ce qu'il tenait pour vrai jusque-là n'était qu'un tissu d'histoires racontées pour le protéger. Mais le protéger de Quoi ?
De sa vie d'avant Daniel n'y gardé qu'une maison de poupée. Et pas n'importe quelle maison de poupée: c'est la réplique exacte de la maison natale de sa mère, une maison qui recèle de nombreux et sombres secrets. Jusqu'à quels vertiges ces secrets conduiront-ils Daniel ?

Mon avis:

Voilà un livre qui a attisé ma curiosité de par son titre et sa couverture sombre et énigmatique. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas intéressée à ce genre de littérature, alors je me suis dit, pourquoi pas.
Je vous invite à m'accompagner dans l'atmosphère mystérieuse du Passage du Diable.

L'ambiance qui se dégage du livre est assez pesante dès les premières pages. Daniel Cunningham relate un épisode de sa vie pour le moins marquant. Alors qu'il a toujours vécu claustré entre les murs de sa maison avec pour seule compagnie sa mère, des livres et une magnifique maison de poupée, il est un jour libéré par le médecin du village suite à la découverte de son existence par une voisine un peu trop curieuse. Séparé de sa mère, internée en hôpital psychiatrique, Daniel est pris en charge par la famille du docteur Marlow. Il apprend à reprendre possession de son corps et se socialise sans trop de difficultés. Au cours de ses nombreuses séances de jeux avec sa maison de poupée, en compagnie de Sophie, benjamine de sa famille d'accueil, d'étranges évènements commencent à se produire.

Suite à de nombreuses recherches qui s'avèrent fructueuses, Daniel part rejoindre son oncle, demi-frère de sa mère. À son arrivée, pour le moins incongrue, il reste interdit devant cette demeure, réalisant que la maison de poupée en est la réplique exacte, jusque dans les moindre détails. Durant son séjour, de sombres secrets de famille se dévoilent, certaines vérités ressortent et la tension devient de plus en plus oppressante.
Qui est réellement cet oncle étrange et sinistre ? Que renferme vraiment le passé dramatique de cette famille ? Quels troublants secrets sa défunte mère a emporté avec elle dans la tombe ? Que va t-il advenir de Daniel ?

Ce roman m'a fait penser aux romans gothiques et aux romans noirs des XVIII ème et XIX ème siècles.
Aucun indice temporel ne nous est communiqué. C'est grâce à certains détails et certaines déductions que j'ai pu replacer l'histoire dans son contexte, à savoir selon moi, au XIX ème siècle.
Daniel n'est, en mon sens, pas assez crédible. J'eus l'impression que sa situation lui semblait plutôt normale, alors qu'il a passé toute sa vie enfermé, reclus de la société, se croyant malade. Il ne paraît presque pas perturbé d'être séparé de sa mère, juste légèrement inquiet de temps en temps, ni même traumatisé en découvrant la vérité.
Par contre, nous ressentons bien le caractère machiavélique et démoniaque de l'oncle de Daniel; tellement bien que son attitude et ses intentions en deviennent prévisibles.
J'ai beaucoup aimé le personnage de Sophie, jeune fille pleine de vie, un peu trop loquace, un peu coquine mais avec un grand cœur.

C'est le gros reproche que je peux faire à ce livre. D'une manière générale, l'auteur reste trop en surface, ne travaille pas assez ses personnages, ne maîtrise pas entièrement leurs émotions. Ce qui est vraiment dommage car le suspens et l'horreur sont bien là. Par contre l'écriture est fluide et immersive. J'arrivais à visualiser entièrement ma lecture, les lieux, l'atmosphère, les protagonistes.
Je n'ose pas trop creuser mon ressenti de peur de vous en dévoiler un peu trop. En fait, je fus tiraillée entre des passages vraiment prenants et d'autres complètement superflus. L'histoire n'est pas tout à fait aboutie.

Je ne peux pas dire que c'est un mauvais livre car ce ne serait pas justifié. Je pense que c'est un très bon livre introductif au roman noir, au roman d'horreur et à la littérature fantastique. Le problème c'est que je ne fais pas partie du lectorat visé, étant légèrement trop âgée. Je pense qu'il offrira une bonne dose de suspens, d'angoisse et de frissons aux jeunes lecteurs avant qu'ils puissent se lancer dans des œuvres comme Le Tour d’Écrou d'Henry James (que je conseille à 100% si vous aimez les histoires de fantômes), Le Moine de Matthew Lewis, la bibliographie d'Ann Radcliffe, pionnière du roman gothique et bien d'autres encore.

samedi 8 août 2015

Une place à prendre

Auteur: J.K. Rowling
Titre VO: The Casual Vacancy
Traduction:
Édition: Le Livre de Poche
Parution: 2 octobre 2013
Pages: 792 pages
Prix: 8.60 Euros

Quatrième de couverture:

Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique.
Un notable meurt. Sa place est à prendre...
Comédie de moeurs, tragédie teintée d'humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce formidable roman confirme le talent d'un écrivain prodige.





Mon avis:

J'ai très longtemps hésité à me lancer dans ce roman car, comment dire...étant une inconditionnelle amoureuse (comme la moitié de la planète et de l'univers même, je pense) de la saga Harry Potter, j'appréhendais énormément d'être déçue par ce que pouvait nous proposer J.K. Rowling dans un tout autre registre. D'autant plus que les avis sont vraiment partagés. Attention, roulement de tambour....Tada! Je fais partie du clan "Pour" ! Oui, cent fois oui! Je n'irais pas jusqu'à dire que ma lecture fut un coup de cœur, parce que deux ou trois petites choses m'ont dérangée, mais sincèrement ce premier roman adulte est E.X.C.E.L.L.E.N.T. !

Barry Fairbrother, membre illustre du Conseil Paroissial de la petite commune du sud de l'Angleterre de Pagford décède d'une rupture d'anévrisme. Ce malheur engendre une myriade d'évènements concernant son héritage politique et déchaîne les passions quant à la place qu'il laisse vacante. La communauté se divise essentiellement autour d'un combat qui lui tenait particulièrement à cœur, l'avenir d'un quartier défavorisé pris en étau entre deux localités qui ne veulent pas ou plus en assumer la charge. Les détracteurs du défunt s'en donnent à cœur joie pour tenter d'anéantir tout ce pour quoi il s'est battu tout au long son existence. La conquête du pouvoir est lancée.

Nous suivons la vie de plusieurs familles, toutes plus différentes les unes que les autres. Nous nous incrustons dans l'intimité la plus profonde, voir la plus perfide de ces êtres qui, pour un œil non averti, constituent la communauté d'une localité presque idyllique. Nous grattons à l'extrême cette fange humaine afin d'en extraire l'épaisse couche de crasse, le grotesque, l'hypocrisie et le désarroi qui caractérisent cette satyre sociale moderne terriblement acérée.

Personne n'est exempté. Tous sont ébranlés, écorchés, bafoués voir humiliés. Nous fréquentons des âmes crues, viles, souvent dénuées de conscience, tout en gardant une notion de relativité pour certaines. Et croyez-moi, les plus jeunes ne nous laissent pas en reste. D'aucuns parviennent à s'en sortir et apprennent de leurs erreurs alors que d'autres sombrent dans la déchéance la plus totale. Parfois le destin s'acharne, parfois il devient clément. Mais une chose est sûre, pas un n'en ressort entièrement indemne.

Je suis en totale admiration devant la capacité de J.K. Rowling à nous immerger de cette manière dans son univers. Je ne sais pas quel est son secret pour réussir à quasiment nous faire palper ses mots, à nous engloutir entre les pages de ses récrits.

Mais, comme énoncé en introduction, il y a tout de même deux petites choses que je reproche à ce livre. Premièrement, je fus perdue au début par le flux important de personnages. Il m'a fallu un petit temps d'adaptation pour savoir qui était qui, comprendre les liens entre chacun.
Seconde chose, je trouve vraiment que trop de vulgarité et de grossièreté ressortent des dialogues. Sincèrement, pour certaines, je pouvais comprendre, mais je n'imagine pas autant de personnes avoir un vocabulaire de charretier aussi conséquent. Je ne pense pas que cela aurait amenuisé la force du récit si le langage usité avait été plus modéré dans certains cas.

Cette lecture n'en reste pas moins, bien au contraire, captivante. Même si j'ai réussi à trouver qu'un seul protagoniste plutôt sympathique, Kay Bawden, les autres ayant été pour moi absolument abjectes ou m'ont laissée indifférente, l'épilogue m'a fait pleurer (en plus j'étais dans un train...Vive les lunettes de soleil, elles peuvent vous épargner des situations bien délicates !). J.K. Rowling montre, une fois de plus, l'étendue de son talent et ce, quel que soit le style littéraire choisi. J'ai actuellement dans ma pile à lire le premier tome de ses romans policiers L'appel du Coucou qu'il me tarde vraiment de découvrir. Affaire à suivre...



mercredi 22 juillet 2015

Ce qui nous lie

Auteur: Samantha Bailly
Éditions: Milady
Collection: Grande Romance
Parution: 19 avril 2013
Pages: 288 pages
Prix: 15.20 Euros

Quatrième de couverture:

Alice a un don. Les liens entre les individus lui apparaissent sous forme de fils lumineux. Un phénomène inexplicable qu'elle a appris à dissimuler...et à utiliser pour démasquer les hommes infidèles et venger les femmes trompées. Mais au fond, Alice aspire à retrouver une vie "normale", celle du bureau, des collègues et des relations simples. Son nouveau job dans un cabinet de recrutement semble lui offrir tout cela, et plus encore.
Parmi les personnalités variées qui cohabitent dans l'open space, elle rencontre Raphaël, chasseur de têtes et de cœurs, un homme inaccessible qui ne la laisse pas indifférente. Le seul dont Alice n'arrive pas percevoir les liens...


Mon avis:

Il y a des lectures qui vous bousculent, des lectures qui vous touchent, des lectures qui vous rappellent des situations que vous avez pu ou que vous êtes en train de vivre.
C'est un peu ce qui s'est produit pour moi avec Ce qui nous lie.

Ce livre nous parle de rapports humains, il nous parle d'amour,  il nous parle de déceptions, de blessures, de déchirures affectives, d'acceptation et de reconstruction.

C'est l'histoire d'Alice. Cela peut être notre histoire à tous. Alice est perdue, Alice a mal, Alice étouffe. Elle pleure, seule assise dehors, elle est démunie. Quand elle relève la tête, quelque chose d'étrange se produit...Alice a un don. Les liens qui unissent les gens, elle peut les voir, elle peut les évaluer mais elle ne comprend pas ce qui est en train de lui arriver.

Après une année à exploiter sa faculté afin de châtier les hommes infidèles, notre héroïne décide de reprendre sa vie en main. Elle trouve un travail dans une agence de recrutement parisienne où elle fait la rencontre de tout un panel de personnages bien représentatif de notre société.

Ce qui nous lie est un roman moderne, très bien construit et tellement réel. J'ai beaucoup aimé la personnalité d'Alice, ses contradictions, ses réflexions, ses interrogations. J'ai aimé pénétrer au plus profond de son être comme si cela était le parfait reflet de ce que je n'ose pas montrer, de ce que je ne veux pas m'avouer, de ce que je cherche à dépasser. Même si ce don peut paraître surprenant au début de ce récit presque terre-à-terre, - Dans le bon sens du terme, j'entends bien ! - sans cette immense toile d'araignée faite de liens lumineux, l'histoire n'aurait pas pu être.

Le style de Samantha Bailly est simple, actuel et très fluide. Elle a une belle façon de nous conduire dans son univers, de le rendre captivant. Au début, je fus assez perturbée par l'alternance temporelle; nous passons du présent au passé, du présent au futur, etc. Puis, très vite j'ai senti que cela était essentiel, que son exploitation était parfaite. Ici, rien n'est enjolivé, tout est vrai. Les personnages sont authentiques, imparfaitement tout ce qu'il y a de plus humains.

Même si au vu de ce qui précède ce livre semble terne et triste, je l'ai refermé avec un petit sourire au coin des lèvres, le cœur plus léger, à moitié libéré; c'était comme si mes propres émois, que j'avais du mal à définir et à identifier, prenaient un sens. L'auteur a su mettre les mots exacts sur des émotions pas toujours évidentes à verbaliser.

Ce fut une très très belle découverte dans laquelle j'appréhendais pourtant de me lancer, de peur de ne pas aimer. Samantha Bailly m'a conquise. Maintenant, je suis curieuse de découvrir ce que cet auteur aux multiples facettes peut encore m'offrir.

dimanche 19 juillet 2015

Le Paris des Merveilles, Tome 3: Le Royaume Immobile

Auteur: Pierre Pevel
Editions: Bragelonne
Collection: Steampunk
Parution: 20 mai 2015
Pages: 384
Prix: 17.90 EUR

Quatrième de couverture:

La porte vers la capitale d'OutreMonde, Ambremer, amène bien des Merveilles au Paris du siècle passé: La tour Eiffel est bâtie d'un bois blanc qui chante à la Lune, sur les Champs-Élysées, le feuillage des arbres diffuse à la nuit une douce lumière mordorée, et les créatures féeriques vivent parmi les hommes.

Alors que tous ne songent qu'aux prochaines élections du Parlement des Fées, Griffont doit aider un ami soupçonné du meurtre d'un mage du Cerlcle Incarnat. De son côté, Isabel se trouve aux prises avec de dangereux anarchistes venus de l'OutreMonde et bien décidés à ensanglanter Paris pour se faire entendre. Mais bientôt Griffont et Isabel découvriront que ces deux affaires sont liées, et lèveront alors le voile sur un secret ancien susceptible d'ébranler le trône d'Ambremer.

Mon avis:

Vous devez vous demander s'il n'y a pas une erreur quelque part. Non, je vous rassure. Je n'ai tout simplement pas fait la chronique du Tome 2 du Paris des Merveilles. Pourquoi ? En fait, je n'arrivais pas à me concentrer. À chaque fois que je tentais de reprendre ma lecture, mon esprit se mettait à vagabonder de-ci de-là. Résultat, en achevant mon livre, je me suis aperçue que je ne n'avais quasiment rien retenu de ce que j'avais lu.
Dans quelque temps, je replongerai dans cet opus pour en faire une chronique qui ressemble un minimum à quelque chose.
Mais fort heureusement, cela ne m'a absolument pas empêché de suivre ce dernier tome.

Nous retrouvons derechef notre duo, Griffont et Isabel, pour de nouvelles aventures.

Un mystérieux gnome noir est assassiné non loin de l'habitation d'Isabel. Son poignet est marqué d'un étrange symbole.
Le Cercle Cyan se retrouve dans une situation difficile. Un de ses jeunes membres est soupçonné d'être mêlé à la disparition et au meurtre d'un membre d'un cercle rival - le Cercle Incarnat - avec qui il devait se battre en duel pour des raisons, somme toute, équivoques. Notre mage préféré ayant été choisi comme témoin par son pair et tenant à aider un ami, se retrouve également impliqué, ce qui le met dans une situation délicate car cette affaire risque de compromettre son entrée au Parlement des Fées.

Isabel est victime d'un attentat au pied de la tour Eiffel revendiqué par un groupe terroriste bannit de l'OutreMonde qui milite et menace le pouvoir en place depuis la Terre.

Les évènements s'enchaînent, des interrogations restent en suspens mais petit à petit tout commence à se délier, à se regrouper et à se mettre en place.

Nous en apprenons un peu plus concernant le passé de la Baronne, sur les circonstances de son exclusion du Royaume des Fées ainsi que sur le lourd secret qui s'y rattache. Tout ici est histoire de manipulation, de politique, d'ambition mal intentionnée et de vengeance.

J'avoue avoir été moins transportée par ce dernier volume même s'il nous réserve encore quelques belles surprises, que l'action et les rebondissements ne manquent pas.
Pour ma part, le charme a été un peu rompu. Je trouve ce tome moins "merveilleux", moins instructif aussi. De brefs passages du livre m'ont fait ressentir ce petit frémissement que j'avais eu en découvrant cette atmosphère incroyable mais ils furent minimes.

Certains personnages, qui donnaient une réelle profondeur à cet univers, sont mis à l'écart sans réelles raisons, comme si l'auteur voulait s'en défaire, sans trop savoir comment, pour se concentrer uniquement sur les principaux protagonistes. D'autres font leur apparition mais n'apportent pas grand chose de plus à l'histoire. Je trouve cela dommage. Toujours aussi bien écrit, Le Royaume Immobile n'en reste pas moins palpitant et j'ai tout de même passé un agréable moment de lecture.


dimanche 12 juillet 2015

Princesse Sara, Tome 1: Pour une mine de diamants

Auteur: Audrey Alwett
Illustrations: Nora Moretti
Editions: Soleil
Collection: Sol. Blackberry
Parution: 27 avril 2011
Pages: 48 pages
Prix: 10.95 EUR

Quatrième de couverture:

Sara a toujours vécu aux Indes, lorsque son père l'envoie parfaire son éducation en Angleterre dans le pensionnat sélect de Miss Minchin.

Immensément riche, grâce à une fortune bâtie sur les automates, Sara suscite rapidement amitiés et jalousies. Les haines s'attisent d'autant plus que Sara a pour elle toutes les qualités d'une princesse. Jusqu'au jour où son père décide d'investir sa fortune dans une mystérieuse mine de diamants...

Mon avis:

Petite fille, j'attendais le dimanche matin - le mercredi également pour le Club Dorothée ;-) - avec grande impatience pour pouvoir regarder à la télévision un dessin animé que j'affectionnais beaucoup: Princesse Sara.

Quand j'ai découvert, il y a quelque temps, une bande dessinée homonyme, ma curiosité a pris le dessus et je n'ai pu m'empêcher d'acquérir le premier tome en espérant y retrouver l'histoire de mon enfance. Pourtant, je ne suis vraiment pas amatrice de BD, mis à part peut être Astérix. Nostalgie quand tu nous tiens ! Le dessin animé ainsi que cette BD sont eux-mêmes inspirés de l'histoire écrite par Frances Hodgon Burnett que je ne connais pas par-contre.

Ce fut une très bonne surprise de constater que c'était bien la même histoire. Enfin, il y a tout de même quelques petits détails qui changent. Nous entrons ici dans un univers steampunk - en ce moment, il faut croire que j'y suis abonnée - où des automates font partie intégrante de la vie quotidienne. Certains noms de personnages ne sont également pas tout à fait les mêmes; Ms Minchin s'appelait, si mes souvenirs sont bons, Mlle Mangin et sa sœur est ici un des fameux automates domestiques qui lui sert d'aide à la pension.

Sara Crewe est une jeune fille de 11 ans originaire des Indes britanniques, issue d'une famille d'industriels à la tête d'une compagnie leader dans la fabrication d'automates domestiques. Elle vient d'arriver à Londres avec son père pour intégrer un pensionnat de jeunes filles afin de parfaire son éducation.

Sara est très riche, douce, intelligente, cultivée, pleine d'imagination, intègre et très altruiste. Forcément, son entrée à la pension de Ms Minchin suscite des jalousies notamment envers Lavinia qui était, avant son arrivée, l'élève modèle. Même si Nelly Olsen (cf. la Petite Maison dans la prairie) est un ange en comparaison, je peux comprendre l'exaspération de Lavinia face à cette nouvelle rivale. Je me souviens que, déjà à l'époque, Sara avait tendance quelques fois à, pardonnez-moi l'expression, me taper sur le système tellement sa perfection était poussée à l'extrême, au point que cela en devenait peu crédible.

Bref, son père repart s'occuper de ses affaires dans la colonie britannique mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu.

Ce premier tome reprend vraiment le début des aventures de Sara, son intégration, les liens qu'elle commence à créer avec certaines de ses camarades et autres domestiques. Les planches graphiques sont très bien faites et je trouve leur représentation bien plus attrayantes que celle du dessin animé.

J'ai apprécié ici les petites réflexions mentales de Sara qui la rendent un peu moins parfaite et un peu moins naïve. Le caractère hypocrite et détestable de Ms Minchin est beaucoup plus marqué donc plus intéressant à mon sens. 
  
Bien que j'ai éprouvé un réel plaisir à retrouver cet univers, je ne suis pas sûre de continuer à suivre cette série, n'étant plus autant touchée qu'autrefois. Peut être qu'en cas d'humeur nostalgique, j'acquerrai de temps en temps la suite. Par contre, je le conseille à toute jeune fille pré-adolescente car c'est une très belle bande dessinée.


mercredi 8 juillet 2015

Le Paris des Merveilles, Tome 1: Les Enchantements d'Ambremer

Auteur: Pierre Pevel
Editions: Bragelonne
Collection: Steampunk
Parution: 20 mai 2015
Pages: 384
Prix: 17.90 EUR

Quatrième de couverture:


Paris, début du XXème siècle.
Les messieurs ont de fières moustaches, des chapeaux melons; les dames portent des corsets, des jupons, des bottines à boutons. Déjà, de rutilants tacots pétaradent parmi les fiacres le long des Grands Boulevards aux immeubles haussmanniens. Mais ce n'est le Paris de la Belle Époque tel que nous l'entendons: la tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes ont investi la Seine, le farfadets, le bois de Vincennes, des chats-ailés discutent philosophie et une ligne de métro permets de rejoindre le pays des fées.

Occupé à enquêter sur un trafic d'objets enchantés, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, se retrouve mêlé à une série de meurtres. Confronté à des gargouilles immortelles et à un puissant sorcier, Griffont n'a d'autre choix que de s'associer à Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien...


Mon avis:

J'étais allongée bien tranquillement dans mon lit quand j'ouvris les premières pages de mon livre. Le style narratif de l'auteur me donna l'impression que l'on me susurrait à l'oreille "il était une fois" en me faisant signe d'approcher. Je me penchai et, soudainement, je fus transportée dans Le Paris des Merveilles de Pierre Pevel.

Ce fut réellement délicieux de découvrir notre capitale du début du XXème siècle qui n'était pas tout à fait la même ni tout à fait différente. Notre monde côtoie et se mêle sans ostentation à des univers fantastiques, principalement l'OutreMonde, peuplés de créatures féériques toutes plus fascinantes les unes que les autres.

Dans cet opus, nous fréquentons des Mages, des chats-ailés érudits, des gnomes, des fées, des gargouilles, des arbres qui vous font la conversation et j'en passe. Une des mes premières impressions fut de me retrouver dans un épisode des Brigades du Tigre version fantasy. Ici, nous ne nous suivons pas une quête, usuelle à ce genre littéraire, mais nous sommes plongés au milieu d'une enquête qui prend, au fil des pages, des allures de complot.

J'ai eu un réel élan d'affection envers les principaux protagonistes, notamment le mage Louis Denizart Hippolyte Griffont, LE Gentleman par excellence ! - Oui, je l'avoue, il m'a totalement conquise, pourtant cela ne m'arrive pas fréquemment -, ou encore la Baronne Isabel de Saint-Gil, magnifique enchanteresse aventurière, espionne, voleuse à ses heures, au caractère indépendant et vraiment bien affirmé. Certains personnages secondaires sont également loin d'être insipides et je ne pouvais les approcher qu'avec tendresse; mon gros coup de cœur revient à Azincourt, chat-ailé à l'accent faussement british, drôle, dévoué, précieux, orgueilleux même, un peu ronchon et légèrement susceptible.

Pierre Pevel a une manière d'écrire tout à fait exquise. Qu'il fut bon d'entendre les sonorités élégantes des dialogues, qu'il fut bon de suivre les descriptions de son Paris des Merveilles, de voyager à travers ses références historiques, de fréquenter de près ou de loin les grands noms de l'époque comme Georges Méliès ou Jules Verne. J'ai adoré ne plus savoir vraiment si je suivais par moments, un roman de fantasy, une enquête policière ou un roman historique. Je pense que c'est ce qui fait toute l'originalité ainsi que le charme de l’œuvre.

Le rythme de l'histoire est bien cadencé sans être trop intense ce qui nous permet de bien nous imprégner de l'atmosphère du récit, d'appréhender les personnages et de nous situer dans l'intrigue sans être perdus.

C'est avec un grand enthousiasme que je continuerai à suivre les prochains tomes de cette trilogie drôle, ensorcelante et un brin mystérieuse. 

vendredi 3 juillet 2015

Belladonna

Auteur: Cécile Guillot
Éditions: Du Petit Caveau
Collection: Gothique
Parution: 30 mai 2015
Pages: 236 pages
Prix: 17. 90 euros

Quatrième de couverture:

Fleurs aux senteurs enivrantes et baies charnues à la drupe colorée; autant de promesses d'un plaisir sucré ou acidulé estompent la menace d'un poison pourtant parfois bien réel: Telles sont les histoires que renferme ce recueil, déposant sur vos esprits, avec innocence suspecte, leur poésie vénéneuse. Des héroïnes fragiles au destin immuable et des créatures encore plus torturées que leur proies composent le monde mélancolique de Cécile Guillot. Belladonna vous invite à le découvrir à travers le prisme de ses belles dames et de leur venin tantôt hypnotique, tantôt mortel.



Mon avis:

En tout premier lieu, je tiens à vous donner mon avis sur l'objet livre en lui-même. Je ne vous cache pas que la couverture a eu un grand rôle à jouer quant à mon attraction envers cet ouvrage. Comment vous dire à quel point je trouve l'illustration absolument sublime ! J'ai passé de longs moments à la contempler juste pour le plaisir des yeux. D'ailleurs, je craignais un peu de me plonger dans sa lecture de peur que son contenu ne reflète pas sa quintessence. 

Maintenant, revenons à l'essentiel. Belladonna est un recueil, séparé en trois parties majeures, qui se compose de 21 nouvelles d'inspiration gothique et fantastique nous entraînant dans un monde peuplé de vampires, loups, fantômes, sorcières et autres créatures féériques sous forme de légendes, faits divers et contes. 

Les premiers manuscrits m'ont laissée sceptique, notamment le premier De Larmes et de Sang qui fut beaucoup trop rapide et vraiment trop peu crédible relativement au ressenti de la rencontre entre Charline et Gabriel. Puis, plus je m'enfonçais dans l'univers de l'auteure plus je commençais à me délecter de son phrasé, des thèmes qu'elle abordait, de l'atmosphère envoûtante dans laquelle elle me plongeait. Elle utilise un vocabulaire riche, certains passages deviennent réellement poétiques. Là, où je l'ai trouvée la plus convaincante c'est dans les historiettes concernant les sorcières; elles m'ont particulièrement charmée. Nous constatons que Cécile Guillot maîtrise son sujet et c'est à ce niveau qu'elle nous propose les textes les plus intéressants et passionnants, dans lesquels ses héroïnes sont parfois naïves, parfois innocentes, parfois cruelles, parfois manipulatrices, parfois perdues, parfois tentatrices.

Même si nous avons ici un opuscule pas tout à fait abouti car il nous offre les premiers pas de l'écrivaine en tant qu'auteur, je pense qu'il y a beaucoup de potentiel et il me donne envie d'aller creuser un peu plus profondément dans ses écrits.




dimanche 21 juin 2015

Darkwind, Tome 1: Mécanique infernale


Auteur: Sharon Cameron
 Titre VO: The Dark Unwinding
 Traduction: Vanessa Rubio-Barreau
 Édition: Bayard jeunesse
 Parution: 29 mai 2015
 Pages: 410 pages
 Prix: 16.90 euros

Quatrième de couverture:

Angleterre 1852, Katharine est envoyée par sa tante et tutrice au manoir de Darkwind où vit son oncle Tulman. Elle doit prouver que celui-ci a perdu la raison et le faire interner pour qu'il cesse de dilapider la fortune familiale. A Darkwind, Katharine rencontre un vieil homme excentrique, mais surtout génial, qui se consacre à l'invention de fascinants automates. A ses côtés, travaillent des dizaines de personnes qu'il a arrachées à la misère. Katharine doute: l'héritage familial mérite-t-il qu'on sacrifie son oncle et les familles qu'il protège ? Pour le savoir, elle décide de rester un mois à Darkwind. Trente jours au cours desquels elle se rendra complice d'espionnage, échappera de justesse à la mort et tombera amoureuse...


Mon avis:

Angleterre, manoir, époque victorienne, automates, il n'en fallait pas plus pour m'attirer vers ce livre. Il faut savoir que je suis une amoureuse inconditionnelle de ce pays ainsi que de cette époque, donc forcément, mes choix sont vite orientés. De plus, je découvre depuis peu l'univers Steampunk qui me plaît plutôt bien et qui me donne envie d'approfondir mes lectures en ce sens.

Katharine est acculée. Ses parents sont décédés. Sa majorité approchant, elle reste sans fortune sous le joug d'une tante contemptrice qui passe son temps à l'humilier et à lui assigner des tâches ingrates pour son bon plaisir. Tante Alice enjoint notre héroïne à se rendre au manoir de Darkwind afin de s'emparer de la fortune familiale qui doit revenir à son fils Robert. Katharine n'a pas d'autre choix que d'accepter, la condition des femmes de cette époque ne lui permet pas d'espérer de s'en sortir seule sans tomber dans la misère.

Arrivée sur place, elle découvre une demeure immense, dont l'atmosphère mystérieuse n'est pas des plus accueillantes. Sa présence loin d'être désirée, l'hostilité de ses occupants à son encontre est manifeste. Sans se décourager, bien décidée à accomplir sa mission sans faillir, Katharine s'impose et compte bien clôturer cette affaire le plus rapidement possible. Petit à petit elle découvre, non pas un simple domaine mais toute une société organisée dont les résidents ont été sortis de l'indigence.

La rencontre avec son oncle, homme singulier de génie, qui consacre son temps à élaborer d'extraordinaires automates, risque de tout remettre en question.

J'ai vraiment apprécié de me plonger dans cet univers bien construit, de partir à la découverte de ce mystérieux manoir, de voir évoluer Katharine au fil des pages, de la regarder devenir une femme prise entre de nombreux dilemmes aussi bien existentiels que sentimentaux. Les descriptions sont justement dosées pour laisser place à l'imagination. Les personnages sont vrais, attachants, et l'intrigue est très bien ficelée. Nous retrouvons ici des méchants qui paraissent gentils, des gentils qui semblent méchants, des protagonistes qui se battent pour leur survie. Même si certains évènements furent prévisibles pour ma part (nous sommes ici dans un roman jeunesse), c'est avec un immense plaisir que je continuerai la suite de cette aventure qui a toutes les chances de nous apporter de l'action, de nous entrainer vers de belles surprises, de mettre plus en avant d'autres caractères et de partir découvrir d'autres horizons.